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05 Dec

« Tinja, ex Thimida » un blog à découvrir : « Menzel Bourguiba, Tinja la région qui a perdue sa vocation »

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

oued-tinja.jpg« Tinja, ex Thimida » un blog à découvrir et à faire partager. Un alter égo en quelque sorte qui a pour tâche de creuser et fouiller l’histoire de Tinja, mais en allant le plus loin possible, au temps de la Carthage punique. Ce blog existe depuis 2008 et mon erreur et de ne l’avoir découvert que récemment. Mais il vaut mieux tard que jamais. J’ai déjà eu l’occasion de parler de Tinja sur ce blog mais, il est vrai, en insistant davantage sur la période de la colonisation (ici). Le texte ci-dessous « Menzel Bourguiba, Tinja la région qui a perdue sa vocation » remonte lui, beaucoup plus loin dans l’histoire de Tinja. De plus il fait le lien entre l’histoire de Tinja à celle de Ferryville les considérant, à juste titre, comme une même agglomération que seules des raisons « administratives » ont séparé en 1985, faisant de Tinja une commune distincte de Menzel Bourguiba.

 

M.D.

 

 


 

 

 « Menzel Bourguiba, Tinja la région qui a perdue sa vocation »

 

Thimida, plus tard s’appellera henchir tindja, puis Tinja ou Tindja, était la capital d’Hiempsal ou il fut tué par le célèbre Jugurtha pour la succession du trône des numides.

 

L'étymologie du mot Thimida, d’origine berbère ou punique serait la même que celle de Thunes (Tunis) : la ville qui gardait le passage entre 2 lagunes.

 

Thimida se situait au sud-sud ouest du lac de Bizerte, délimité par deux grandes étendues d'eau, le lac de Bizerte à l'est et le lac Ichkeul à l'ouest, reliée par l’oued de Tinja. Ce lac ou garaat Ichkeul (le lac de sisara au temps des romains) se trouve au pied d’une montagne qui s’appelait ichkeul 2000 ans déjà.

 

Thimida comme toutes les villes portuaires puniques et berbères utilisait la pêche comme ressource importante de nourriture.

 

Le géographe al idrissi né à ceuta vers 1100, rapporte que le lac offrait une singularité des plus remarquable par sa richesse en poisson avec à chaque mois de l’année une espèce dominante de poisson. Cette région se distinguait par l’abondance des poissons vendus peu cher.

Idrisi rapporte déjà la particularité de la région par les 2 lacs de Tindja avec son eau douce communiquant avec le lac de Bizerte salé par un canal au niveau de la ville de Tindja. Le premier verse son eau dans le second durant 6 mois puis le contraire a lieu. Sans que l’eau du lac de Bizerte ne devient doux ni celui de Tindja salé.

 

Dureau de La Malle (Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger, en 1724 et 1725) rapporté que les habitant ont dressé 2 bourdigues ou presquières aux commencements des 2 canaux prés de Tinja et Bizerte ou l’on prend une grande quantité de poissons surtout de mulets d’on on enlève les œufs au mois d’août et de septembre pour les salés et les séchés c’est la botargue.

 

Cet endroit unique au monde est maintenant considéré comme Réserve de la Biosphère (programme MAB de l’UNESCO), Site du Patrimoine Mondial Culturel et Naturel (UNESCO), comme Zone humide d’importance internationale (Convention de RAMSAR).

 

Le temps de l’occupation fût une étape décisive de métamorphose de la région.

 

Ce site était occupé par plusieurs marabouts, par au moins deux domaines agricoles, des " henchirs " (un sur l'emplacement de Menzel Bourguiba, l' " henchir el-Ksiba ", l'autre au sud-est immédiat de Tindja) sur lesquels vivaient des " fellahin " tunisiens, et au moins un " douar " (le douar Goungla).

 

Les autochtones vivaient de la pêche et de l’agriculture.

 

Bizerte a revêtu une importance capitale pour la France. Pour atteindre ce but militaro – stratégique la France amorce dés 1896 la création d’un port de guerre sur la rive sud du bassin occidental. L’Arsenal de Sidi Abdallah est l’un des éléments de ce port. Cette base navale fondée au début du vingtième siècle sur la rive sud du lac de Bizerte a joué un rôle déterminant dans la naissance d’une ville purement coloniale ; baptisée « Ferry –ville », appellation dérivant du nom de Jules Ferry qui a imposé le protectorat français en Tunisie.

 

Durant la visite de Jules Ferry à Bizerte le 23 avril 1887, en se promenant dans le lac de Bizerte il cria à ses compagnons :

 

« Ce lac à lui seul, vaut la possession de la Tunisie tout entière, si j'ai pris la Tunisie c'est pour avoir Bizerte ».

 

En étudiant la naissance de Ferryville, on peut déceler la colonisation proprement dite dans toutes ses dimensions militaires, économiques et humaines. En effet, l’occupation de cette rive reflète les formes d’exploitation suivantes:

 

L’exploitation française de la région a transformé une bonne partie de la région en une zone purement militaire, et industrielle. Elle a encouragé l’immigration occidentale dans le but de peupler la région et de la rattachée directement à la France.

 

En une vingtaine d'années une Ville nouvelle était crée avec 6000 habitants avec une juxtaposition de plusieurs communautés : 1500 Tunisiens, 1000 Français et 3500 étrangers (Italiens, Israélites, Espagnoles, etc.…)

 

En 1958 Ferryville est rebaptisée Menzel Bourguiba du nom de l'ancien président Habib Bourguiba. La commune de Menzel Bourguiba s'étendait à l'ouest jusqu'aux berges du lac Ichkeul et englobait la zone de Tinja. A des fins administratives et pour une meilleure gestion de la croissance urbaine, Tinja et Menzel Bourguiba ont été subdivisés en deux communes en 1985. C'est aujourd'hui une Ville de plus de 60 000 habitants environ. Contrairement a la ville jumelle Bizerte, Tinja et Menzel Bourguiba ont perdu une grande partie de leur vocation de ville côtière a cause de la colonisation. L’activité de pêche est devenue limité, les plages ne sont plus utilisables. Le caractère de ville industrialisé s’est consolidé après l’indépendance avec la création du géant national de la métallurgie. Le lègue d’une ville militaire continuait ; Empêchant la ville de profiter pleinement de son caractère côtier. En contrepartie Menzel Bourguiba a gagnait par la richesse de la mosaïque de sa population ; elle a acquit le caractère des grandes villes.

 

Espérant qu’un jour la région se réconcilie avec sa nature, et que la pollution industrielle ne sera plus un empêchement, pour profiter pleinement de cette région unique convoité tout au long de son histoire.

 

04/12/2010

 

« Tinja, ex Thimida » un blog à découvrir (ici)

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P
J'ai retrouvé ce village un demi-siécle aprés - c'était en 2003. J'y ai retrouvé des souvenirs d'enfance, mon école, la gare, le lac et bien d'autres....
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K

c'est mon blog enchanté de faire votre connaissance


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Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants