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02 Dec

Les marins corses et bretons du « Fanon» sont à couteaux tirés : l'un deux en meurt (Document)

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

bagarre-marins-ok.JPGFerryville une ville de matelots et de marins aucun doute là-dessus. Que les marins aiment faire la fête et la tournée des bars et même certains lieux malfamés c’est logique. J’ai même appris qu’il y avait à Ferryville en 1908 un café du nom de « café Gauthier » (Voilà de quoi enrichir ma liste des bars de Ferryville (ici).On savait aussi que les différentes communautés vivaient et cohabitaient certes en bonne intelligence, mais cela ne doit pas cacher l’autre face de la réalité : les petites et grandes querelles entres les communautés et même entres les français de régions différentes (ici) . Voilà qu’un journal, « Le Petit Parisien », en date du 6 septembre 1908, nous relate cette histoire entre des matelots d’un même navire. Elle aurait pu être tellement cocasse, (je les vois – ou plutôt les visionne - comme dans les vieux films de charlot) si elle ne se termina pas aussi tragiquement. Oh ! Cela n’a pas empêché les bretons comme les corses (et tous les autres) de Ferryville de continuer à faire la bringue, ensemble, par la suite. Car alors Ferryville-Menzel ne serait pas Ferryville-Menzel, « la ville de Tunisie qui compta le plus grand nombre de cafés (et de marins, évidemment) au kilomètre carré ».

 

M.D

 

 

 


 

bagarre-marin-1

Le Petit Parisien. Tunis, le 6 septembre 1908.

 

« Depuis longtemps, une sourde rivalité existait entre les marins corses et bretons du Faucon. Des menaces et même des coups étaient journellement échangés et la supériorité, dans ces luttes quotidiennes, restait aux Bretons les Corses en conçurent un vif dépit. Il y a trois jours, le matelot  Heldec eut maille à partir avec le rnatelot  Antonin' celui-ci étant permissionnaire, lança un défi à son adversaire, l'invitant à venir le retrouver le soir même à Ferryville où il se rendait avec trois camarades.

 

A neuf heures et demie, Heldec, Mouniaux et deux autres Bretons, sautèrent le mur de l'arsenal et retrouvèrent les quatre Corses au café Gauthier. Dès leur arrivée, la rixe s'engagea.

 

La mêlée devint générale tout fut brisé dans le café. Les agents de police accoururent, mirent fin à la bagarre et procédèrent à l'arrestation des belligérants, parmi lesquels il y avait trois blessés.

 

Un marin du Forbin. notamment, avait une oreille coupée d'un coup de rasoir. Deux matelots du Faucon avaient, l'un de fortes entailles à la cuisse, l'autre un doigt de pied écrasé.

 

La patrouille du Faucon vint à passer. Les agents lui confièrent les marins arrêtés mais, on ne sait pourquoi, ceux-ci furent relâchés au lieu d'être conduits à l'arsenal. Aussi Corses et Bretons se retrouvèrent a onze heures dans une maison de tolérance et la rixe recommença.; un nommé François Christofari s'approcha du matelot Mouniaux

et lui planta un stylet en plein coeur. Mouniaux fit cinquante mètres et tomba mort. Arrêté, Christofari fit des aveux et déclara, en pleurant, qu'il avait agi sous l'influence de l'ivresse. Les obsèques de sa victime auront lieu demain ».

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