Sidi-Yahia, un simple « petit ilot », émergé, il y a très, très longtemps
Eh oui ! Voilà donc la colline de Sidi-Yahia
transformée en petit ilot, isolé au milieu de l’eau scrutant, au loin, le djebel Ichkeul. Non ce n’est pas un scénario catastrophe du au réchauffement climatique mais simplement la description du
relief de la région il y a très longtemps (ici) : à l’époque du Quaternaire. Il y
avait alors le lac de Bizerte, en plus grand évidemment, et toute la plaine de Mateur qui était également inondée d’eau (d’où émergeait l’Ichkeul) et qui communiquait néanmoins avec le lac de
Bizerte par un détroit large de 5 km. Et c’est au milieu de ce détroit que s’élevait la colline de Sidi-Yahia.
En fait il s’agit là de phénomènes et de cycles, sur plusieurs centaines de milliers d’années, tout à fait normaux. Et l’eau fluctue au grès de ces cycles. Tantôt inondé, tantôt à sec (ou presque) les plaines et vallées se transforment petit à petit. Ces mouvements d’eau apportent également des alluvions qui ont drainé des matériaux solides transportés et déposés sur les rivages. Mais en dessinant de nouveaux rivages. Etc., etc.
Bon il n’y a pas de quoi s’affoler d’abord parce que c’est du passé (c’est le quaternaire), ensuite parce que les choses se passent sur des périodes très longues (des centaines de milliers d’années) enfin nous avons encore le temps de profiter, pour ceux qui le peuvent, de nos belles plages. Même si on parle de plus en plus des conséquences du réchauffement climatique et que, ma foi, le littoral tunisien, et donc cela concerne notre région, n’est pas à l’abri.
Mais, heureusement, nous avons encore notre « arche de Noé » : l’ilot de Sidi-Yahia.
M.D