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02 Nov

Un café saccagé, une bagarre entre des tirailleurs algériens et des clients tunisiens (juillet 1904)

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

bagarres-tirailleurs-1904-ok.JPGLe Petit Parisien Tunis, 7 juillet 1904. Une terrible bagarre est survenue hier, entre des tirailleurs algériens de la garnison de Ferryville et des Arabes tunisiens, En voici la cause. Lundi dernier, un sergent de tirailleurs venait boire dans un café tenu par un Tunisien. Mais, au moment où il se disposait à s'asseoir, un indigène retira vivement la chaise et le sous-officier s'étala à terre. Furieux, le sergent saisit la chaise qu'il brandit au-dessus de sa tête, et, dans ses mouvements, renversa une lampe qui mit le feu au burnous d'un consommateur. Ce dernier se précipita sur le sergent, le terrassa, lui arracha sa baïonnette et allait le tuer lorsque des Européens intervinrent.

 

Le Tunisien fut arrêté par le commissaire et le sergent conduit à l'infirmerie, car il avait reçu de nombreux coups.

 

Cette affaire semblait terminée lorsque hier soir une compagnie entière de tirailleurs sortit du quartier, conduite par un sergent indigène et prit d'assaut le café tunisien, baïonnettes et matraques en mains. Ce fut une atroce mêlée. Les chaises furent brûlées, les tables cassées, les lampes brisées, tandis qu'un corps-à-corps terrible se produisait, au cours duquel nombre de personnes furent blessées. Une vieille femme italienne a eu une chaise cassée sur la tête un marin tunisien a eu un œil crevé d'un coup de matraque neuf autres Tunisiens ont été grièvement blessés.

 

Le commissaire de police, à la tête de ses agents, voulut intervenir, mais il dut battre en retraite devant les baïonnettes.

 

Le capitaine Uhald, commandant la compagnie de tirailleurs/arriva sur ces entrefaites et se jeta dans la mêlée, Sa vue seule suffit pour mettre tous ces forcenés en fuite mais ils continuèrent à briser les portes et fenêtres des épiceries et cafés tunisiens de la ville.

 

Le général Roux, commandant la division d'occupation, a pris les mesures les plus énergiques pour que tous les auteurs de cette rébellion soient punis. On parle même de conseil de guerre.

 

A la suite de ces incidents la compagnie entière a été consignée, mais la rébellion semble vouloir continuer. Les tirailleurs ont en effet refusé de manger leur soupe et menacé de déserter en masse si la consigne n'était pas levée, de s'enfoncer dans les arbres.- les armes à a main

 

Qu'allait-il se passer encore

 

bagarre-1904-OK-OK

 

Cf. Gallica.bnf

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Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants