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08 Sep

Les associations de Tunisien-nes à l’étranger : D’où vient-on ? Où va-t-on ?

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Vie associative-Citoyenneté, #Chroniques sociales et politiques

Le développement qui suit ne prétend pas retracer l’histoire des associations de Tunisien-nes à l’étranger. Celle-ci reste évidemment à faire et à écrire. Il ne s’agit ici donc que d’un essai de décryptage tout à fait partiel (et il faut l'espérer pas trop partial) de cette dynamique. D’autant que c’est un domaine, paradoxalement, assez ancien et récent à la fois.

De quoi parle-t-on ?

Pour commencer partons des données de l’Office des Tunisiens à l’Etranger (OTE) qui avance pour sa part le chiffre, pour l’année 2011, de 154 associations de Tunisien-nes à l’étranger (dont 65 en France, 25 en Italie, 16 en Belgique, 13 au Canada, 8 en Allemagne, 8 en Suisse, 7 en Autriche …). Ces chiffres étant ceux de 2011 ils ne prennent évidemment pas en compte les associations qui se sont constituées après la révolution. Il y a même tout lieu de croire que ces données sont bien plus anciennes et donc peu fiables pour au moins deux raisons : d’une part en raison de la politique d’instrumentalisation des « amicales » et, de l’autre, de l’occultation des associations autonomes des Tunisien-nes à l’étranger. C’est dire que même sur le plan statistique et quantitatif tout est à refaire. Il faudra pour cela d’abord une volonté politique des autorités tunisiennes. Et que l’administration en général et les consulats en particuliers s’engagent, avec la nécessaire neutralité qui s’impose dans un Etat de droit, à admettre et reconnaître, sans interférence, le fait associatif dans toute sa diversité. A charge ensuite aux chercheurs, historiens … et ils sont nombreux, à faire leur travail en toute liberté tout simplement.

En attendant - et pour peu que l’on se donne la peine de rassembler des informations en diversifiant les sources - qu’en est-il de la vie associative des Tunisien-nes à l’étranger ?

Pour faire simple on pourrait dire que la vie associative des Tunisien-nes à l’étranger (au sens large du terme évidemment c’est-à-dire la façon dont s’organise la vie collective, les espaces et les regroupements socioculturelles des Tunisiens) se caractérisait depuis les années 1960-70, par trois formes essentielles : D’une part les regroupements communautaires de proximité, en second lieu les amicales initiées par le pouvoir tunisien et faisant office de courroies de transmission avec le parti au pouvoir (le PSD d’abord puis le RCD) et enfin les associations dites autonomes qui refusaient justement cette instrumentalisation en affirmant leur autonomie voire leur opposition au pouvoir en place.

Les regroupements communautaires, fondés avant tout sur des relations de proximité (familiales, villageoises, aarouchia, régionales …), ont longtemps caractérisé la vie d’un grand nombre de Tunisien-nes à l’étranger (caractéristique au demeurant commune à de nombreuses autres communautés de migrants). C’est ce qui explique que l’on retrouve dans de nombreuses villes et dans certains quartiers de France, d’Europe et d’ailleurs, des Tunisien-nes regroupés par communauté originaire de tel ou tel village, de telle ou telle région de Tunisie. Cela crée nécessairement des réseaux d’entraide et de solidarité non seulement par rapport à la famille restée au pays, au village d’origine mais également pour les nouveaux arrivants qui trouvent là un premier accueil très utile voire indispensable pour s’adapter à la nouvelle vie dans le pays d’immigration. Ces réseaux peuvent être considérés comme une forme associative, informelle certes, à cette réserve prés cependant, c’est qu’elle est fondée comme on l’a dit d’abord sur des appartenances en lien avec le pays (familiale, villageoise, aârouchia, régionale …) et non sur un choix et une démarche volontaires des concernés. Et il faut reconnaître que ces réseaux sont aussi anciens que la migration elle-même. Ils se distinguent néanmoins de la vie associative telle que pratiquée et légalement administrée par exemple dans les pays de résidence, et sur lesquels se sont appuyées, dans un second temps, les immigrées tunisiens pour construire leurs propres expériences associatives.

Les amicales quant à elles sont des émanations du pouvoir tunisien dont le rôle était surtout de contrôler et surveiller les tunisiens et empêcher tous contacts avec les opposants politiques. Toutes ces amicales étaient d’une manière ou d’une autre sous la fêlure du fameux Rassemblement des Tunisiens en France (RTF), une émanation directe du RCD, crée après 1987. Le réseau des amicales était un dispositif directement calqué sur celui des consulats et surtout sur celui des cellules du parti au pouvoir en Tunisie. D’ailleurs il n’y a qu’à voir la liste des sigles de ces amicales pour se rendre compte que ces associations, à quelques exceptions prés, sont, jusque même dans leurs dénominations, des émanations des « associations » qui avaient pignon sur rue en Tunisie. Le plus souvent des sigles sans réels projets ni activités, seulement des faire-valoir et des moyens pour entretenir le clientélisme pour les fameux séminaires annuels du RCD[1]. Attention cela ne signifie pas qu’elles n’avaient pas le souci de défendre les Tunisiens mais ce n’était pas leur préoccupation première et cela n’entrait pas dans leur cahier de charges. Et, en tout état de cause, au regard du bilan et du rôle plus que négatif, contesté et contestable de ces amicales, de leur instrumentalisation par les pouvoirs avant la révolution … il convient, aujourd’hui, d’en tirer les conséquences logiques pour que ce genre de pratiques et de méthodes soient jetées aux oubliettes. Cette page doit définitivement être tournée ! D’autant que les amicales elles-mêmes, au lendemain du 14 janvier 2011, n’ont pas tardé à tirer leur révérence, du moins la plupart d’entres-elles, et se faire plus discrètes voire même de disparaître purement et simplement du paysage, cependant que quelques unes, une minorité, ont estimé qu’il était temps de tourner casaque pour s’adapter à l’air du temps.

Par contre la démarche et l’expérience qui nous intéresse ici et qui sera esquissée dans cet essai, est évidemment celle des associations dites autonomes. L’autonomie doit être comprise ici comme l’indépendance de l’association à l’égard de toutes interférences extérieures en dehors de ses membres et dans le respect des statuts et des règles de fonctionnement. Cela en général mais il y a également une autre dimension concernant les Tunisien-nes c’est l’autonomie vis-à-vis des autorités consulaires exprimant par là un refus absolu de toutes instrumentalisation de la part du pouvoir tunisien quel qu’il soit, instaurant un climat quasi conflictuel. Et cette relation de type conflictuelle dure, faut-il le rappeler, depuis des décennies à telle enseigne que même après la révolution il a été difficile pour les associations comme pour les autorités de se défaire de ce reflexe. Outre le fait que celles-ci s’appuient sur la loi concernant les associations dans les différents pays où résident les Tunisiens mais encore parce qu’elles ont pour principe l’adhésion volontaire des personnes indépendamment de leurs appartenances familiale, aarouchia, régionale ou autre. De plus ce qui les caractérise et donc les distingue des autres formes de regroupements c’est le fait d’agir avec ce soucis constant de faire le lien entre d’une part les préoccupations spécifiquement tuniso-tunisiennes et d’autre part les questions de la défense des droits des migrants et de la solidarité avec d’autres nationalités dans les pays d’accueil et qu’elles participent, pour ce faire, dans les dynamiques des différents réseaux inter-associatifs et intercommunautaires. Pour mémoire rappelons que la FTCR (ex-UTIT) dès 197 comme d’ailleurs l’ATF en 1983 ont participé à la constitution de coordinations d’associations d’immigrés à l’exemple de la Maison des Travailleurs Immigrés (MTI)[2] de 1973 à 1982 ou du Conseil des Associations d’Immigrés en France (CAIF)[3] de 1984 à 1992, le Forum des Associations des Luttes Démocratiques de l’Immigration (FALDI)[4] constitué en septembre 2012 à Paris. Ce qui n’était pas nécessairement le cas des autres regroupements, en tout cas jusque là !

D’autant que les Tunisien-nes, est-il besoin de la rappeler, ont une histoire et une expérience, modeste certes mais néanmoins ancienne dans l’action associative, en France en tout cas, qui remonte aux années 1926-27. Modeste, en comparaison à d’autres communautés (européennes, asiatiques, africaines, marocaines …) les Tunisien-nes donnaient l’impression d’être plutôt en retrait au vue du nombre d’associations. Toutefois, et malgré cela, leur engagement et leur activisme associatif à l’étranger comme d’ailleurs en Tunisie[5] est loin d’être négligeable.

Petit détour par l’histoire : Les associations avant les années 1960

Juillet 1952 : l’UGET (Union générale des étudiants de Tunisie) tient son congrès constitutif à Paris. On peut la considérer comme étant la première association spécifiquement tunisienne à se constituer sur le sol français. Même s’il faut replacer la naissance de l’UGET dans un contexte d’intenses activités du mouvement national pour l’indépendance cela n’enlève en rien de son importance et du rôle du mouvement étudiant dans l’histoire des Tunisien-nes en France. On peut y voir même un prolongement presque normal de l’engagement, depuis les années 1930, constaté dans le milieu étudiant alors présents en France.

En 1926 les Tunisien-nes vont participer activement à la constitution de la première expérience regroupant des travailleurs maghrébins en France, à l’initiative de Messali-Hadj, L’Etoile Nord Africaine (ENA), qui fut d’ailleurs présidée par le tunisien Chedly Khairallah[6]. Mais c’est surtout au sein de l’association des étudiants musulmans nord-africains (AEMNA)[7] qui fut fondée à Paris le 28 décembre 1927 et présidé par le docteur Salem Es-Chadly, premier psychiatre tunisien, l’un des fondateurs, association au sein de laquelle les Tunisien-nes seront très actifs. Cela se comprend car les tunisiens sont à cette époque la composante la plus nombreuse et la plus active parmi les étudiants et au sein de l’AEMNA[8]. Il y avait même plusieurs dizaines de lycéens tunisiens notamment à Paris inscrits dans les collèges pour passer leur baccalauréat qui ont participé à l’agitation estudiantine au sein de l’AEMNA. On peut donc se demander si l’AEMNA, tout maghrébine qu’elle fut, n’a pas été, au fond, la première grande expérience associative des Tunisien-nes en France.

On pourrait même remonter un peu plus loin dans l’histoire et voir comment de nombreux intellectuels et hommes politique avaient alors choisi de s’exiler (vers la Turquie, la Suisse, l’Allemagne et même par la suite en France) par refus de la colonisation et qu’ils ont mené des activités de l’étranger pour dénoncer cette état de fait. Dans les années qui précédèrent la première guerre mondiale ces Tunisien-nes étaient surtout composés d’étudiants et d’exilés politiques. Et la question de la colonisation du pays depuis 1881 était au centre de leurs préoccupations. Ils y ont rencontré d’autres intellectuels arabes et maghrébins engagés dans la lutte contre la domination coloniale et qui agissaient pour une renaissance de la conscience arabo-musulmane. Ainsi en a t-il été du Comité Algéro-Tunisien pour la libération du Maghreb arabe et la Revue du Maghreb créés par Mohammed Bach-Hamba[9] à Genève en 1916. Ainsi en a t-il été de Mohamed Ali Hammi[10] au cours de son séjour en Allemagne.

De par cet engagement les Tunisien-nes feront preuve d’un activisme certain dans les structures collectives maghrébines comme ce fut le cas en 1926-27 avec l’ENA et l’AEMNA. Et ce phénomène d’ailleurs se constatera à nouveau, quarante cinq ans plus tard, lors de la constitution des comités Palestine puis du MTA (Mouvement des travailleurs arabes)[11].

Les années 1970 - 1980 : Exilés, étudiants et travailleurs

Cet engagement des Tunisien-nes s’explique certes en raison de l’intérêt qu’ils portent pour tout ce qui touche le monde arabe et la question palestinienne en particulier mais il est toutefois nécessaire de rappeler également qu’il y a cela des raisons tout à fait objectives :

1/ d’une part l’immigration de travail va commencer à prendre son essor dans les années 1965 et prendra de l’ampleur d’une année sur l’autre[12]. Et cette immigration de travail va, dès les années 1972-73, être confrontée à une politique de restriction et d’expulsion du fait des circulaires Fontanet – Marcellin en France.

2/ Autre facteur qui explique la mobilisation également, c’est la répression qui a cours en Tunisie contre l’opposition de gauche et contre le mouvement étudiant qui va enclencher un début de jonction entre les exilés politiques, les étudiants et les travailleurs immigrés tunisiens. Et cela a donné lieu a la constitution, au cours de la décennie 1969 - 1979, de nombreux collectifs, les uns ponctuels et ad-hoc, d’autres plus structurés dans la durée, avec surtout pour objet la dénonciation de la répression et des procès en Tunisie : le Comité international pour la sauvegarde des Droits de l'Homme en Tunisie (CISDHT) constitué en septembre 1969 au lendemain du procès à Tunis ; en 1972 se crée le Groupe d'information pour les luttes en Tunisie (GILT) ainsi que le Comité tunisien d’information et de défense des victimes de la répression (CTIDVR) ; en 1974 se sont les Comité de Section Provisoire de l’UGET de Paris, Lyon et Strasbourg qui se mettent en place ; en 1978 va naître le Collectif du 26 janvier ainsi que le comité de soutien au comité national d’initiative qui publie le journal syndical Echaab clandestin ; en 1979 l’association ATEL (les Amis de la Tunisie En Lutte) ; … Et dans cette effervescence l’on va également et évidemment voir la constitution d’organisations politiques comme Le Groupe d’études et d’action socialiste tunisien (GEAST) créé à Paris en 1963 ; le Mouvement démocratique de masse (MDM) en 1969 ; l’organisation El Amel tounsi (issu du GEAST) en 1972 ou l’organisation Echoola … sans oublier le PCT (part communiste tunisien) comme d’autres mouvements politiques (MUP …) qui avaient leurs groupes en France.

3/ Mais, à la différence des années 1930, et dans la foulée de la constitution du MTA (Mouvement des travailleurs arabes) et surtout au vu des nombreuses grèves de la faim déclenchées partout en France par des sans-papiers - dont de très nombreux tunisiens - pour protester contre les expulsions et contre les circulaires Fontanet - Marcellin l’on va assister en 1973-74, à l’émergence d’associations ayant pour objectif de regrouper des Tunisien-nes spécifiquement. Et il n’y a là rien de particulier car cela était une tendance générale qui a concerné la plupart des nationalités et/ou communautés de migrants à cette époque (marocains, algériens, africains, portugais, espagnols, pakistanais, antillais …).

C’est également le moment - et ce n’est pas un hasard - où le pouvoir destourien décide de mettre en place une politique d’encadrement et de surveillance des Tunisiens en créant notamment de nombreuses amicales. Si les toutes premières amicales de tunisiens (à Paris, Lyon, Marseille et Nice) ont été mise en place dès les années 1960, leur généralisation sur l’ensemble du territoire français et dans les autres pays commence véritablement dans les années 1970. Ces amicales sont, en principe, des associations Loi 1901 (en France), mais en réalité le réseau de celles-ci est directement calqué sur celui des consulats et des cellules du parti PSD puis du RCD au pouvoir. Les sièges de ces amicales se trouvent souvent à l’intérieur même des consulats ou en tout cas dans des locaux appartenant à (ou loués par) l’Etat tunisien.

Les premières associations

Et la première association à se constituer sera l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) en février 1974 et qui deviendra vingt ans plus tard Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)[13]. Née d’abord à Paris par la volonté de quelques militants politiques issus d’une mouvance radicale de la gauche tunisienne (notamment le groupe Ech choola), dans le bouillonnement qu’ont suscité les évènements de février 1972 dans l’université tunisienne et leurs répercussions en France, l’UTIT a, confrontée aux réalités de l’immigration, peu à peu évolué vers une plus grande autonomie vis à vis des groupes politiques. C’est en effet à travers les aspects concrets des revendications de l’immigration (alphabétisation, logement, sans-papiers, racisme…) et dans les contacts réguliers avec d’autres structures que l’association va se replacer petit à petit dans son environnement immédiat à savoir l’immigration dans un premier temps, et la société française bien plus tard. Dans sa dynamique elle a donné lieu à la constitution d’autres associations locales qui ont adhéré à l’UTIT.

Puis vint 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir en France. Les premières mesures favorables à l’immigration sont lancées (arrêt des expulsions de jeunes, régularisation des sans-papiers, abrogation, suite à une longue et importante bataille, du décret de 1939 sur les associations étrangères[14] …) qui vont permettre de desserrer l’étau de la politique anti immigrés qui avait été instaurée par la droite depuis 1973.

L’abrogation du décret de 1939 sur les associations étrangères va donner une impulsion nouvelle à la vie associative parmi les migrants. C’est à la faveur de cette mesure que vont se constituer de nombreuses associations tunisiennes comme par exemple l’ATF (association des Tunisiens en France)[15] dès 1982 qui regroupera d’autres associations locales réparties dans d’autres régions de France.

Les décennies 1990 - 2010 : Nouvelles composantes, nouvelles attentes … nouvelles associations

Après les décennies de la migration de travail (1960- 1980) voici venu le temps de la crise et ses répercussions sur l’immigration de travail. La sociologie de l’immigration se modifie et la composition de la communauté tunisienne également. Même si l’immigration a été ralentie en raison notamment de la politique restrictive en France dès 1974 puis en Europe, elle n’en a pas moins continué avec le regroupement familial et avec les … harragas. Une 2ème génération, née en France, apparaît et avec elle de nouvelles attentes et exigences. Mais aussi une autre migration prend de l’ampleur avec les étudiants venues dans les grandes écoles en France, de même que se diversifient les destinations de ces migrants puisque de nombreux Tunisiens vont de plus en plus loin (USA, Canada, Australie, …)[16].

De ce fait de nouvelles associations voient le jour. L’islam devient aussi l’un des moyens par lequel s’exprime une forte demande d’identité. Les mosquées et les associations cultuelles vont être les principaux lieux et espaces qui vont répondre à cette demande auprès d’une partie importante de la jeunesse des quartiers populaires mais aussi des familles. C’est dans le courant des années 1980 avec la constitution de l’UOIF (Union des associations islamiques en France) que l’on va voir se développer les associations islamiques. Toutefois je reprendrai ici ce passage d’un texte de Hichem Abdessamad « Les militants islamistes en France, existent bel et bien et leur activité s’est même fortement développée lors de la dernière décennie. Mais l’activisme islamiste se déploie selon deux modalités complémentaires : à la remorque du mouvement associatif laïque dans les manifestations politiques publiques, il évolue dans les circuits communautaires fermés, ceux de l’UOIF[17] ou ceux spécifiquement tunisiens littéralement fermés aux profanes. C’est dire que ce secteur constitue un partenaire faussement timide du mouvement associatif tunisien en France. Il mérite une étude à part » (cf. « l’exil, la République, le bled : Le mouvement associatif tunisien en France »). Voilà pourquoi ce secteur n’est pas plus mentionné dans cette essai sur le mouvement associatif même si certaines associations à références islamistes sont citées ici ou là.

Nouvelles composantes, nouvelles attentes … nouvelles associations donc ! Ainsi partant des données statistiques de l’OTE il y aurait, en 2011, environ 17 associations dites de compétences (dont 6 en France, 5 au Canada, 3 en Allemagne, 2 en Suisse et 1 en Arabie saoudite …). Mais, là également, quel crédit accorder à ces données puisqu’aucune étude sérieuse n’a à ce jour été réalisée sur la vie associative. Sans trop nous attarder sur ce manque évident on peut, néanmoins constater que les décennies 1990 et 2010 ont été une période propice pour l’émergence et la constitution des plusieurs associations de cadres et étudiants tunisien-nes issus ou fréquentant les grandes écoles à l’étrangers ou encore de cadres ayant terminé leurs études mais installés durablement (et pas seulement professionnellement) à l’étranger ou en tout cas vivant entre les deux rives : Comme par exemple l'Association des Tunisiens des Grandes Ecoles (ATUGE)[18], créée en 1990, qui regroupe à la fois, des étudiants, des jeunes diplômés et des anciens des grandes écoles françaises (par la suite vont se constituer l’Atuge-Bordeaux en 2004 puis l’Atuge-Côte d’Azur en 2007); L’Association des Chercheurs et Enseignants Tunisiens En France (ACETEF) créée le 8 Février 1992 à Paris ; deux ONG sont créées en 1999 aux USA : The Tunisian Community Center (Le Centre communautaire tunisienne) et The Organization of Tunisian Americans (association des Tuniso-américains); ou encore l’Association des Académiciens Tunisiens (TAG e.V.) en Allemagne ; l’ACTIF (Association des Compétences Tunisiennes Innovantes de France) est créée à Paris en 2004 ; L’Association des Universitaires Tunisiens en Amérique du Nord (AUTAN) également en 2004 à Montréal au Canada ; de l’Association Jeunes Tunisiens[19]</em> créée en 2007 à Paris ; de l’Association des pharmaciens tunisiens de France (APTF) constituée en 2010 ; de ACCES (Alliance franco tunisienne des Compétences pour la Culture lʼEconomie et la Santé ) en décembre 2010 à Strasbourg …

Vers la fin des années 2000 nous allons voir se constituer également des associations humanitaires pour tenter de répondre aux problèmes de la pauvreté en Tunisie ou plus généralement pour mener toute sorte d’action de solidarité avec les populations en Tunisie. Ainsi en est-il de TunAction une association créée en 2007 ; de Association TunAlliance créée elle en juillet 2009 toujours à Paris ; ou encore de l’Association de Soutien aux Enfants (ASSEN) constituée dans la région parisienne en novembre 2010 …

Il faut également rappeler que à côté de cette dynamique associative il y a eu, comme dans les années 1970, la constitution de divers comités, collectifs … pour dénoncer la répression en Tunisie ou pour soutenir telle ou telle catégorie de citoyen-nes qui subissaient cette répression. Ainsi en est-il du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme (CRLDHT) fondé à Paris en 1996 ; De même en 2008 avec la constitution du à Paris du collectif en soutien aux habitants du bassin minier ; ou encore avec la constitution, en décembre 2010, du Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid.

 

La révolution de 2011 : Un boum associatif ?!

La révolution de 2010-2011 a été un formidable déclencheur d’une prise de conscience et un élan de solidarité des Tunisien-nes à l’étranger permettant une dynamisation sans précédent de la vie associative en France et ailleurs. Des dizaines voire des centaines d’associations se sont ainsi constituées dans les différents pays où résident les Tunisien-nes. Même si trois ans se sont écoulés depuis le déclenchement de la révolution il est trop tôt pour tirer des enseignements de cette dynamique associative dans l’immigration. Car il ne faut pas l’oublier c’est dans la durée que se vérifie les tendances lourdes d’un tel mouvement. Ce qui saute aux yeux cependant c’est le fait que les jeunes Tunisien-nes vivant et sans doute pour la plupart nés à l’étranger et les femmes, ont été les plus nombreux et les plus actifs dans cette dynamique associationniste. Et les grandes manifestations du 15 janvier 2011 qui ont rassemblé des dizaines de milliers de Tunisien-nes et de sympathisants partout dans le monde ont été, pour le coup, un déclencheur[20]. A signaler également deux évènements non négligeable en cette année 2011 à savoir la tenue au mois de mai à St-Denis (France) des premières assises de l’immigration tunisienne[21] >et bien entendu l’évènement politique marquant que furent les premières élections libres en octobre 2011. Les militant-es associatifs s’étaient alors fortement mobilisés et engagés dans les instances régionales indépendantes pour les élections (IRIE) ainsi que dans la campagne électorale et dans le déroulement du scrutin les 21, 22 et 23 octobre 2011.

A ce stade on ne peut que constater le phénomène, après viendra le temps de l’analyse et du pourquoi ! Ainsi nous avons vu comment, pour la seule année 2011, un nombre important d’associations se sont constituées : En France : vont se constituer les associations les ambassadeurs du jasmin à Lyon ; Jasmin Tunisie : Liberté et Démocratie à Toulouse ; Solidarité Jasmin Marseille ; l’association Dignité des Tunisiens également à Marseille ; L’UNI*T l’Union pour la Tunisie créée en mars 2011 dans la région parisienne ; l’association La Nouvelle Tunisie en Février 2011 à Paris ; l’association T2RiV toujours à Paris ; l’Association des Tunisiens du Maine et Loire (ATML) en juin 2011 à Angers ; l’association Les Amis De Mohamed Bouazizi (LAMB) puis le Collectif Rhônalpin pour La Liberté et la Démocratie en Tunisie (CORALDT) créée toutes les deux en mars 2011 à Lyon ; en Corse l’Association populaire des tunisiens en Corse (APTC) en mars 2011 ; le Collectif Tunisien Des Alpes-Maritimes Liberté en mars à Nice ; l'Association Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC) en 2007 à Paris ; L’association Karama à Paris en avril 2011 ; du Collectif De Solidarité Active Pour La Tunisie (COSA TUNISIE) à Grenoble en avril 2011 ; l’Association des Franco-Tunisiens de Garges en juillet 2011 ; du Collectif 17 avril des Tunisiens de France qui voit le jour à Paris avec l’arrivée de milliers de harragas tunisiens venant de Lampedusa ; La Voix des Tunisiens en France (VTF) à Nice en septembre 2011, d’abord comme liste électorale de la zone France-sud puis comme association ; l’Union Des Tunisiens De La Sarthe (UTS) une association créée en 2003 au Mans mais qui s’est redynamisée en 2011 ; le Mouvement Citoyen des Tunisiens en France (MCTF) se constitue à Paris en décembre ; le Collectif des Femmes Tunisiennes (CFT) ; le Collectif Tunisien Des Alpes-Maritimes Liberté (CTAML) en mars 2011 à Nice ; l’association Younga Solidaire créée en novembre 2011 à Saint-Denis. A signaler également l’initiative durant le premier trimestre 2011 de la Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’Etranger (DCTE) [22]En Europe : En Belgique : le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie (CVDT) se constitue en mai 2011 ; l’association WISSAL en septembre ; le Conseil de Défense de la Révolution en Tunisie (section Belgique et Luxembourg) ; l'association IRADA en novembre 2011 à Bruxelles ; en Italie à Milan c’est le Comitato Immigrati Tunisini (Comité des Immigrés Tunisiens en Italie) ; en Allemagne c’est le Réseau des compétences tunisiennes en Allemagne (Tunicomp) en juin 2011 ; En Suisse L’association des Tunisiens UNiversitaires En Suisse (TUNES) se créée en mai 2011 ; en Hollande, en septembre 2011, se créée l'association des Tunisiens aux Pays-BasEn Amérique du Nord : à la mi-janvier, à Clifton aux USA, l’association TUNESS se constitue et se fixe comme but de rassembler les Tunisiens vivant en Amérique du Nord ; au Canada l’association Nord American Tunisian Engineers Groupe (NATEG) se créée à Montréal en mars 2011 ; puis toujours à Montréal, en février 2011 l’Alliance pour les Initiatives de développement de l’Enfance (AIDE) ; le Collectif Tunisien au Canada qui prendra, en 2012, le relais du Collectif de Solidarité au Canada avec les luttes sociales en Tunisie lequel s’était constitué en solidarité avec la révolte de Sidi Bouzid ; l’association TunisiEntraide qui se créée à Montréal en mars 2011 ; puis à Québec se constitue L’Association des Tunisiens de Québec (ATuQue) …

L’année suivante 2012 ne sera pas en reste même si le mouvement semble s’être ralenti quelque peu : constitution à Grenoble de l’association le printemps des idées ; de l’Association Des Tunisiens Du Loiret en mars (une ancienne association reconvertie) ; de l’association Jeunes Tunisiens de France (JTF) composée surtout de jeunes franco-tunisiens puis de l’association Jeunes Tunisiens de Belgique (JTB) ; de l’association Tawasol dans la région d’Ottawa au Canada ; en Septembre 2012 lancement à Paris du Collectif Tunisien pour la Défense des Libertés (CTDL)[23] ; la Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (FETCA) en octobre 2012 à Bruxelles et enfin en décembre création de La Ligue des Artistes Tunisiens du Canada ; …

En janvier 2013 se constitue à Vitry/s/s dans la région parisienne l’Association des Tunisiennes Engagées de France (ATEF) ; en février à Grenoble c’est l’association FNAR Faisons Notre AveniR qui se créée ; en mai Différentes associations de tunisiens annoncent la création d’un front associatif des Tunisiens à l’étranger (F.A.T.E.)[24] ; constitution à Paris, en juillet 2013, de L’Appel des Tunisiens de France pour la République Citoyenne l’ATUF ; constitution en juin 2013 de la Coordination des Assises de l'Immigration Tunisienne (CAIT)[25] issue des assises de l'immigration qui se sont tenues le 7 mai 2011 à l'université de Saint-Denis (France) et regroupant des associations de France, Suisse et Italie …

Une question de démarche

En résumé on peut dire que l’associationnisme des Tunisien-nes à l’étranger, à l’image de ce qui se passe en Tunisie avec le dynamisme de la société civile, est un fait tangible. La chose qu’il faudra suivre avec toute l’attention nécessaire est d’essayer de voir comment il va évoluer dans le temps et dans l’espace[26]. Doit-on voir dans ce dynamisme associatif une conséquence de la situation interne en Tunisie et en particulier de la révolution ? Saura t-il intégrer d’autres dimensions de la réalité des Tunisien-nes à l’étranger notamment le fait qu’ils sont aussi des citoyen-nes ou à tout le moins des migrants résidents permanents dans les pays où ils vivent, travaillent et agissent et que cela entraîne nécessairement pour ne pas dire obligatoirement d’autres préoccupations en matière de défense des droits et « vivre ensemble » (culturels certes, mais aussi emploi, logement, scolarité, pratiques religieuses, citoyenneté …) ?

Bien sûr on peut, sur un plan strictement individuel, ignorer ces autres dimensions soit en pensant qu’elles ne nous concernent pas directement soit en adoptant une démarche différente en adhérant et en participant par exemple à des associations ou des organismes de droit commun et non plus spécifiquement de Tunisiens (syndicats, partis politiques, associations de locataires, de parents d’élèves …). Nombreux Tunisien-nes font déjà cette démarche et depuis fort longtemps. Nombreux également parmi eux s’inscrivent dans cette double (voire même triple) démarche en raison de cette idée d’appartenances multiples[27]</em> qui caractérisent notre vécu à savoir : 1/ nous sommes Tunisien-nes et les problèmes de la Tunisie nous importent ; 2/ nous sommes Tunisien-nes et citoyen-nes du pays dans lequel nous vivons et les questions qui les traversent nous intéressent ; 3/ nous sommes Tunisien-nes, peut-être aussi citoyen-nes, mais néanmoins migrants directement et pratiquement concernés par les problèmes de discriminations, et d’inégalité de traitements, soumis à des conventions bilatérales engendrent des difficultés supplémentaires, …

Ces diverses dimensions impliquent des démarches et des traitements à la fois spécifiques et complémentaires. Voilà pourquoi il n’est nullement contradictoire que les Tunisien-nes (mais c’est également valable pour tous les migrants) adoptent ces différentes démarches jusque y compris dans le mouvement associatif. Voilà pourquoi il est tout à fait concevable de voir cohabiter des associations qui n’interviennent que sur l’une ou l’autre de ces dimensions (Tunisie, citoyen-nes du pays, migrants) en même temps que d’autres, plus généralistes, qui interviennent sur deux voire sur les trois dimensions sans distinction. Il est vrai que cela dépend aussi beaucoup des traditions et de l’histoire sociale et politique du pays où l’on vit. Pour ce qui concerne la situation française nous savons par expérience que la perception de la « question immigrée » par les mouvements politiques, les syndicats, les associations de droits communs, par les institutions, par les médias et par la société … a évolué avec le temps et surtout en fonction et des grands mouvements sociaux (par exemple mai 68 …) et d’autre part de la participation effective ou non des concernés eux-mêmes, c’est dire les migrants, dans la mise en œuvre des actions de défense des droits et pour l’égalité. Ainsi par exemple si la question de ces droits a depuis longtemps préoccupé les organisations françaises c’est surtout l’acceptation du principe et du respect de l’autonomie de la parole des immigrés, y compris à travers des associations distinctes mais complémentaires, qui a été décisif et qui a permis des avancées importantes pour toute la société. En fait si l’égalité en droit est un but à atteindre l’égalité dans le quotidien associatif entre français et étrangers et entres les associations doit, elle, être mise en pratique sans conditions et sans complexe. Cela n’a pas été facile mais c’est un acquis même s’il reste encore du chemin.

Un mot encore. En premier lieu nous parlons ici des associations de Tunisien-nes à l’étranger et non d’associations tunisiennes. La nuance est importante partant du principe que les premières relèvent des lois et des usages dans les différents pays de résidence alors que les secondes relèvent de la loi tunisienne. En second lieu la vie associative et la participation à celle-ci est affaire de choix personnel et volontaire en vue d’apporter un plus pour mieux « vivre ensemble ». Le champ d’intervention et d’activité des associations est suffisamment large et les besoins et attentes si nombreuses pour que chacun y apporte sa petite touche. Nulle représentativité ou légitimité ne peut se prévaloir en dehors de la stricte légalité que suppose la démarche associative et de la nécessaire déontologie qui doit caractériser les relations entres les membres de ces associations et entres les associations elles-mêmes. Il y a des associations importante par le nombre d’adhérents, d’autres par l’expertise qu’elles apportent et leur connaissances des sujets qu’elles traitent, d’autres encore par le volontarisme de leurs militant-es et leur savoir-faire indispensable, et bien d’autres encore … Elles sont toutes légitimes ! Tout cela par respect pour leur contribution à ce « vivre ensemble » et par respect, également, pour les gens auxquels ces associations s’adressent. Les Tunisien-nes à l’étranger et leurs associations n’échappent pas à cette règle de conduite.

Ceci étant chaque association est libre dans ses choix et ses orientations. Libre également dans ses alliances. Les motivations et la proximité politiques voire idéologiques peuvent être déterminantes dans les orientations et les relations qu’entretiennent les associations entres elles (de gauche ou de droite, progressistes ou conservatrices, laïques, modernistes ou religieuses …). Mais ce qui est certain c’est que dès lors que le nombre des associations devient important la question du travail en réseaux et de la coordination entres celles-ci se pose. Une tendance quasi inévitable dans une société. Et on l’a vu, les associations de Tunisien-nes en ont déjà fait l’expérience (les Assises de l’immigration, la DCTE, le CTLD, le FATE, le CAIT …). Bonne ou mauvaise, intéressante ou pas, utile, efficace ou pas … la question n’est pas là et les faits sont têtus : quant les associations se font plus nombreuses et se diversifient le besoin et la nécessité de se coordonner, se concerter et se regrouper est une tendance « naturelle ». Et les associations de Tunisien-nes à l’étranger seront appeler à se coordonner encore plus. Les « Assises » en mai 2011 ont été un petit pas. Mais ce qui attend les associations va nécessiter d’avantage d’efforts et de volonté surtout dans la perspective de la mise en place de l’instance de représentation des Tunisien-nes à l’étranger (Haut conseil de l’immigration …) et dans laquelle le rôle des associations sera plus que déterminant. Les motivations partisanes et/ou idéologiques vont-elles alors prendre le pas sur l’intérêt commun à tous ? La réponse nous l’aurons le moment venu bien sûr mais elle sera le reflet et à l’image des associations de Tunisien-nes à l’étranger et de leur histoire.

Ceci étant cet essai n’est qu’un bref survol de la vie associative des Tunisien-nes à l’étranger. Le travail en profondeur sur l’histoire des associations demeure donc un chantier ouvert.

Mohsen Dridi

Le 6 septembre 2013.

 

[1] On sait que lors de l’occupation, au début du mois de juin 2011, du local de la rue Botzaris à Paris servant de siège au RTF une liste de 230 associations de toutes sortes avait alors été retrouvé dans les archives. Tel le Collectif des Tunisiens en France (CTF), le Rassemblement des étudiants tunisiens à Paris (RETAP) (voir « Médiapart ») … Voici, à titre d’exemple, une liste d’associations présentées comme étant des membres d’un Collectif des ONG Tunisiennes en France : Association des Journalistes Tunisiens en France, Club de la Presse Tuniso-Française, Association des Cadres Tunisiens en France. Confédération des Associations Tunisiennes en France. Association des Médecins Tunisiens en France. Association des Informaticiens Tunisiens en France. Association des Parents d'Elèves en France. Association d'Amitié et Solidarité Tuniso-Française. Association des Conseillers Juridiques Tunisiens en France. Club des Avocats Tunisiens en France. Association de la Femme Tunisienne en France. Club de Littérature Tunisienne en France. Association de la Fidélité à la Tunisie en France. Association des Infirmiers Tunisiens en France. Association des Hommes d'Affaires Tunisiens en France. Association Gabès 2000 en France. Association des Amis de l'Ile de Djerba. Association des Amis du Club Africain en France. Amicale des Tunisiens de Garges-Lès-Gonesse. Association de l'Encadrement de l'Enfance Tunisienne en France. Association des Sourds-Muets Tunisiens en France. Union des Artistes Tunisiens en France. Association des Français d'origine Tunisienne. Union des Artistes Tunisiens en France. Association des Cinéastes Tunisiens en France. Association des Chauffeurs de Taxis Tunisiens en France. Association des Etudiants Tunisiens en France. Association des Amis des Iles de Kerkennah. Association des Commerçants Tunisiens en France. Association de l'Art Populaire Tunisien en France. Association de la Sauvegarde du Patrimoine Tunisien en France. Association Tunisienne pour le Rapatriement des objets d'art historique en France. Association Tunisienne d'Echange Commercial Tuniso-Français. Association Tuniso-Française pour la Protection de l'Environnement. Club de la Recherche Scientifique des Tunisiens en France. Association du Soutien des Tunisiens à l'Etranger. Association des Travailleurs Agricoles Tunisiens en France. Association des Amis de Carthage en France. Association des Patrons de Restaurants Tunisiens en France. Association des Amis du Stade Gabésien en France. Association de l'Encadrement des Malades Tunisiens en France. Association de l'Aide aux Sans Emploi Tunisiens en France. Association des Historiens Tunisiens en France. Entreprise Aboulkacem CHEBBI de Production Littéraire. Union Maghrébine de Solidarité avec le Peuple Irakien. Organisation de Solidarité avec le Peule Palestinien. Association Tunisienne de la Femme Travailleuse en France. Association Tunisienne pour la Lutte contre le Racisme. Club pour le Soutien aux Compétences Tunisiennes à l'Etranger.

[2] Créée en 1973, à Puteaux (dans les Hauts-de-Seine), la MTI est une structure de coordination entre diverses associations d’immigrés, (…) composée lors de sa constitution en 1973 par l’Association des Marocains en France (AMF), l’Union des Travailleurs sénégalais en France (UGTSF), une association locale Encontro Portugues. (…) C’est au lendemain du 1er festival des travailleurs immigrés, en 1975, que le Comité des travailleurs algériens (CTA) adhère à la MTI. À partir de 1977 la MTI transfère son siège dans le 11ème à Paris (46, rue de Montreuil) et fut rejointe par d’autres associations : la Fédération des associations des travailleurs émigrés (FATE), la Fédération des travailleurs d’Afrique noire immigrés (FETRANI) et le Mouvement des travailleurs ivoiriens en France (Motif) en 1977, puis par l’Union des travailleurs immigrés Tunisiens (UTIT) en 1978 et enfin par l’Association des travailleurs de Turquie (ATT) en 1980. (cf. « L’immigration de A à Z » Mohsen Dridi. Publication FTCR 1997)

[3] Le CAIF (constitué en 1984) avait alors pris la relève de la MTI (…). Les associations qui ont composé le CAIF sont : pour les Algériens, le Comité des Travailleurs algériens (CTA) et l’Association des Travailleurs algériens en France (ATAF) ; Pour les Marocains, l’Association des Marocains en France (AMF) et l’Association des travailleurs marocains en France (ATMF); Pour les Turcs, l’Association des Travailleurs de Turquie (ATT), pour les Tunisiens, l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) et l’Association des Tunisiens en France (ATF) ; Pour les Sénégalais, l’Union Générale des Travailleurs sénégalais en France (UGTSF) et l’Union des Travailleurs sénégalais en France / Action Revendicative (UTSF/AR) ; Pour les autres Africains, la Fédération des Travailleurs d’Afrique-noire Immigrés (FETRANI) et l’union des Travailleurs africains en France (UTAF) ; Pour les Espagnols, la Fédération des Associations d’Émigrés espagnols en France (FAEEF) et l’Association des Parents et Familles espagnols émigrés en France (APFEEF) ; Pour les Portugais, le Conseil des Communautés portugaises en France devenu Coordination des collectivités portugaises en France (CCPF) et le Centre d’Études et de Dynamisation des émigrés portugais (CEDEP) ; Une association de femmes issues de l’immigration, les Yeux Ouverts. Le KOMKAR, une association de travailleurs kurdes, a rejoint le CAIF plus tard.(…) (cf. « L’immigration de A à Z » Mohsen Dridi. Publication FTCR 1997)

[4] Constitué par les associations issues de l’immigration et leurs soutiens, le FALDI a pour mission de porter collectivement les revendications démocratiques et légitimes de l’immigration, notamment, en matière de luttes contre toutes les formes de discrimination, de racisme et de xénophobie, ici et ailleurs et pour l’application des droits des migrants(e)s et de leurs familles. Les Associations Fondatrices Du FALDI sont : AMF, ATF, ATMF, FTCR, ACORT, ASDHOM, ACDA, FCMA, CSP92, IDD, UTIT, CRLDH, N’AOURA Belgique, EMCEMO-Amsterdam, MIGRATION SANTE, FASTI, “Coordination Régionale Rhône-Alpes de Solidarité avec les Sans Papiers, MANIFESTE DES LIBERTES, ELGHORBA, AFAPREDESA, CORELSO, FEMMES PLURIELLES, COLLECTIF DES COMMUNAUTES SUBSAHARIENNES AU MAROC, ICI ET LA, REMEC, COLLECTIF 3C, AIDDA, MCTF, APCV, ATTS Suisse, jugend werkstatt frohe zukunft (Allemagne), UNIT, FSQP, CSP75, ATTAC, ASTU – ACTIONS CITOYENNES INTERCULTURELLES- Strasbourg.

[5] La loi sur les associations, introduites par la colonisation, date de 1888 et fut par la suite modifiée à plusieurs reprises. Les premières associations tunisiennes datent elles des années 1896 avec l’association la Khaldounia créée à Tunis ou encore la Musulmane, société musicale et sportive créée en 1905.

[6] Chedly Khairallah : Militant actif de l’aile gauche du Destour il se rend à Paris et participe activement à l’Etoile nord africaine (ENA) dont il assumera la présidence un temps (1927). Il sera présent, en tant que président de l’Etoile Nord Africaine, à Bruxelles au côté de Messali Hadj et de Abdelkader hadj Ali en février 1927 au 1er Congrès anti-impérialiste. Il sera néanmoins expulsé de France le 27 décembre 1927 en raison de son engagement.

[7] Foyer de résistance culturelle, l’AEMNA organisa de 1931 à 1937 sept congrès annuels, dont deux se tinrent à Tunis (en avril 1931 et en octobre 1934 à la Khaldouniyya). Parmi les membres tunisiens, il faut citer Salem Es-Chadly , Chedly Khairallah, Tahar Sfar, Habib Thameur, Mongi Slim, Ahmed Ben Miled et Chedly Naïfar. Au cours des années qui ont suivi de nouveaux membres feront leur entrée au sein de l’association dont de nombreux médecins : Chadli Ben Romdhane, Tawhida Ben Cheikh (première femme médecin), Tahar Zaouche, Mohamed Sakka, M. Mohamed Attia, Salah Aouij, Sadok Mellouli, Abderrahman Alloulou, Rached Ladjimi, Ahmed Alloulou, Othman Sfar, Mustapha Baffoun, Noureddine Zaouche, Azzouz Boukhris, Ahmed Somiâ, M. Mellouli, Seghir Ayari, Taïeb Ghachem.

[8] En 1931, seulement 152 étudiants musulmans venant des trois pays du Maghreb, dont 119 Tunisiens et 11 Marocains, suivaient des études en France. (Une autre source donne le chiffre de 420 étudiants tunisiens (lycéens compris) dans l’entre deux guerres (cf. Étudiants de l'exil: migrations internationales et universités refuges)

[9] Mohamed Bach-Hamba est mort le 27 décembre 1920 et avait été enterré dans un cimetière à Berlin. Ce n’est qu’en août 2012, à l’issu de longues recherches, que le Pr Abdeljelil Temimi a pu identifier le lieu où est enterré M. Bach-Hamba et qui se trouverai dans un espace militaire proche de Borj Ali Rais au Djellaz, là même où se trouvent les tombes de Khéreddine Pacha et Habib Thameur

[10] Mohamed Ali El-Hammi (1890 –1923) est le fondateur de la première organisation syndicale tunisienne qui vit le jour en 1924 sous l’appellation de « Confédération Générale Tunisienne du travail » C.G.T.T. Il fut condamné à dix ans de bannissement par le colonialisme français. Il mourut en 1923

[11] Le Mouvement des travailleurs arabes (MTA) a été crée en 1972-73, par des militants arabes membres des Comités Palestine, et ce dans un contexte de multiplication des actes et assassinats à caractère raciste. Le MTA était relativement bien implanté à Paris (notamment dans le quartier de la Goutte d’Or) et à Marseille (dans le quartier de la Porte d’Aix) d’où sont originaires la plupart de ses militant(e)s.

[12] Le nombre de tunisiens installés à l’étranger va alors passer de quelques milliers de personnes à la fin des années 1950 à plus de 1,1 million en 2010. En 1962 il y a 35.000 tunisiens en France, en 1965 plus de 75.000 dont 50.000 en France, en 1975 leur nombre est estimé à 180.000, en 1987 ils seront plus de 400.000 à l’étranger et ce chiffre va quasiment doubler en 2003 passant à plus de 840.000 tunisiens à l’étranger dont 500.000 en France et en 2009 ils dépasseront le million (1.098.212). Jusqu’au milieu des années 1970 les migrants tunisiens sont majoritairement composés de célibataires ou d’hommes isolées ayant laissé leurs épouses et enfants au pays (51% en 1967 cette proportion passe à 71% en 1973). La tendance s’inversera par la suite.

[13] Association de fait de 1974 à 1982 c'est à cette date que l’UTIT déposera des statuts entrant ainsi dans le cadre réglementaire de la Loi 1901 et dans le même temps opté pour le financement de ses activités par le FAS. Elle a été très active, avec d’autres associations, lors de la mobilisation des sans-papiers en 1981/82 (dans le cadre de la MTI) ainsi qu’en 1996, en tant que FTCR, dans le cadre des ASIIM et surtout du 3ème Collectif. D'abord association ayant des activités uniquement à Paris ce n’est qu’à partir de 1978/79 que l’UTIT va se transformer en union d’associations avec notamment la constitution de quelques associations UTIT dans d'autres localités et régions : Chalon s/Saône, Nîmes, Marseille, Montbéliard, Lyon, Villeurbanne, Aix, La Corse, Villeneuve d'Asq, Lille, Le Mans, Angers et bien entendu Paris et sa région. C’est en 1994, après une longue période de réflexion et de débats qu’elle s’est transformée en FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives). L’UTIT a adhéré à la MTI (Maison des Travailleurs Immigrés) en 1978. Elle a été également membre fondateur du CAIF (Conseil des associations d’immigrés en France) ou encore de Mémoire Fertile en 1987.

[14] Ce décret-loi (ou titre IV) de la loi 1901 sur les associations est une réglementation spéciale pour les associations composées d’étrangers. Il n'a été abrogé qu'en 1981, à l'arrivée de la gauche au pouvoir. (…) Ce décret de 1939 a notamment été utilisé en 1976 et 77, par le ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski contre de nombreuses associations (Association des Marocains en France, l’Organisation des Communistes africains (OCA) et le journal Révolution Afrique, Solidarité des Travailleurs maliens en France (STMF), le Mouvement des Travailleurs ivoiriens en France (MOTIF), l’association des travailleurs pakistanais en France, l’Union National des Étudiants du Kameroun (UNEK), la Ligue d’union antillaise (LUA)… etc. (…) En 1977, suite à la multiplication des interdictions d’associations, y compris des associations françaises, va se mettre en place un Comité pour l’abrogation du Décret de 1939 sur les associations étrangères, composé de diverses organisations. Dans le même temps, les associations d’immigrés se sentant menacées ont pris l’initiative de se regrouper, de leur côté, dans un Collectif des organisations de travailleurs et d’étudiants immigrés en signant une plate-forme demandant notamment la levée des interdictions contre les associations et l’abrogation du décret de 1939. Après quatre décennies de batailles, ce Décret fut, finalement, abrogé en octobre 1981. (cf. « L’immigration de A à Z » Mohsen Dridi. Publication FTCR 1997)

[15] L’association des Tunisiens en France (ATF) est une fédération créée par des militants proches de la mouvance de l’ex Parti communiste tunisien (PCT), mais aussi du groupe El Hakika qui a existé à Paris dans les années 70, des militants trotskistes tunisiens et de militants démocrates indépendants du Collectif 26 janvier pour le soutien à l’UGTT et de syndicalistes et militants des foyers SONACOTRA. L’ATF, association laïque, est aujourd’hui une structure qui regroupe plusieurs associations implantées dans diverses régions de France: Centre d’accueil 3ème Âge (Toulon), Avenir Sport de Toulon -Toulon, ALIFS (Bordeaux), ACRIJ (Cenon), ATF-Haute-Savoie -Annecy, IDEAL-92 Antony 92, ATF-Nord -Roubaix, ATF-Var -Toulon, IDEAL -Toulon, Centre Al Farabi pour 3ème âge (Paris.)

[16] En 2011, par exemple, on estime à plus de 57.000 le nombre d’étudiants tunisiens à l’étranger. En 2011 il y avait plus de 8.343 compétences à l’étranger alors que leur nombre était de 6.700 en 2006. Une comparaison du niveau d’instruction des migrants entre 1987 (0.4% ayant un niveau supérieur) et 2005 (14.7%) montre une nette élévation.

[17] L’Union des organisations islamiques de France, vaste réseau d’associations islamique. Fondée dès 1984, cette fédération contrôle quelques centaines de mosquées dans l’Hexagone. Détail intéressant à noter : les islamistes tunisiens qui ont été parmi les plus actifs depuis le début dans l’animation de ce réseau.

[18] L’ATUGE créée en 1990 organise chaque année depuis bientôt 22 ans son forum annuel. De plus et ce depuis 2011 elle a lancé une initiative appelée « le Village associatif » qui s’adresse à toutes les associations de Tunisiens en France.

[19] L’association Jeunes Tunisiens qui s’est fait connaître en organisant un festival annuel du film tunisien à Paris n’a visiblement plus d’activités depuis 2011.

[20] Ainsi et comme le constate de son côté V. Geisser dans un essai fort intéressant que « entre janvier et juin 2011, nous avons pu recenser plus d’une centaine d’initiatives portées par les héritiers de l’immigration tunisienne en France allant de la création ex nihilo d’associations de solidarité avec la “révolution tunisienne” à la mise en place d’initiatives humanitaires pour soutenir les régions sinistrées et venir en aide aux réfugiés à la frontière tunisolibyenne, en passant par l’organisation de colloques, séminaires, tables rondes ou le lancement de blogs racontant les exploits des révolutionnaires tunisiens ». (Cf. « Le rôle des Franco-Tunisiens dans la chute de la dictature et dans la transition politique » de Vincent GEISSER. Oct 2012)

[21] Ces assises, qui ont eu lieu le samedi 8 mai 2011 à l’Université de Paris VIII à Saint-Denis, qui ont vu la participation de prés de 200 personnes, une soixantaine d’associations, de comités et collectifs de Tunisien-es, venant de Belgique, d’Italie, du Canada, de Suède, de Suisse, de Tunisie et de France avec une trentaine de ville représentée. A l’issu de ces assises un cahier de doléances a été rédigé et présenté aux autorités tunisiennes.

[22] La Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’Etranger (DCTE) c’est la rencontre de 25 associations qui se sont concertées durant le premier trimestre 2011, pour aboutir à la rédaction d’une plate-forme pour exposer les préoccupations des Tunisiens à l’étranger. Les associations signataires de cette plate-forme sont : ALIF’S (Bordeaux) Association JISR (Lille), ATF-Aquitaine (Bordeaux), ATF-Haute Savoie Annecy) ATF-Nord Roubaix) , ATF-Var (Toulon), ATF-13 (Marseille), ATF -Bureau National, (Paris )Association de Solidarité fraternité Méditerranéenne ASFM, (Saint-Etienne) Citoyens Solidaires, Compagnie Mare Nostrum, Espace Farabi (75) , Filigrane (75) , IDEAL 92, Le Repère Des Entrepreneurs (paris) , Le Réseau Euromaghrébin, Citoyenneté et Culture- REMCC (75) UGET France (75), Union des Tunisiens de l’EST (Montbéliard), Union pour la Tunisie (UNI’T)

[23] Ce collectif a été lancé en août 2012 pour répondre à la violence des groupes salafistes contre les artistes, aux menaces et atteintes aux libertés publiques et individuelles et contre la criminalisation des luttes sociales en Tunisie. Il officialisera sa constitution en publiant une Charte en septembre.

[24] Le 3 mai 2013 différentes associations de tunisiens vivants à l’étranger se sont réunies le 28 mars 2013 dans le cadre du Forum social mondial à Tunis pour débattre du rôle des diasporas dans la construction démocratique postrévolutionnaire et dans l’instauration d’un Etat de droit. Les participants annoncent, pour cette occasion, la création d’un front associatif des Tunisiens à l’étranger (F.A.T.E.) sous forme d’un nouveau réseau d’échange, de réflexion, de coordination et de collaboration (FETCA (Belgique), CVDT (Belgique), Collectif Tunisiens au Canada (Canada), Associazione Pontes dei tunisini in Italia (Italie), Collectif Mohamed Bouazizi (France), Jasmin Tunisie Liberté & Démocratie (France), Uni*T (France). Ils organiseront également le 8 juin 2013 à Toulouse un séminaire inter-associations de Tunisiens à l’étranger.

[25] Coordination des Assises de l'Immigration Tunisienne (CAIT) issue des assises de l'immigration qui se sont tenues le 7 mai 2011 à l'université de Saint-Denis (France) et regroupant des associations de France, Suisse et Italie. La coordination provisoire des associations de l'immigration (constituée le 21 juin 2012 lors d’une réunion tenue à Aubervilliers en France) issue des assises et d'autres dynamiques a tenu une réunion le samedi 22 juin 2013 et les associations présentes ont décidé de pérenniser l’expérience et de constituer la Coordination des Assises de l’Immigration Tunisienne (CAIT). Premiers adhérents à l’initiative : ADTF (Association Démocratique des Tunisiens en France) ; AIDDA (Association Interculturelle de production, de Diffusion, de Documentation Audiovisuelles) ; ATTS (Association des Tunisiennes et des Tunisiens de Suisse) ; COLLECTIF 3C ; CFT (Collectif Des Femmes Tunisiennes) ; Comite Des Immigres Tunisiens en Italie ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives) ; ICI & LA ; MCTF (Mouvement Citoyen des Tunisiens en France) ; UTIT (Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens).

[26] Selon des récentes données de l’OTE le nombre des Tunisiens à l’étranger aurait atteint, en 2012, 1.223.213 personnes.

Les hommes représentent 63.5% de la population tandis que les femmes représentent 36.5%. En effet, 22.7% de l’ensemble sont inférieurs à l’âge de 18 ans et environ 30.5% sont des binationaux. 84.5% vivent en Europe dont 54.7% en France, 15.5% en Italie, 7.1% en Allemagne, tandis que les pays arabe accueillent 12.3% de la population. 3% des Tunisiens à l’étranger sont aux USA et au Canada, 0.2% en Afrique, 0.1% en Asie et en Australie. Le nombre des élèves et étudiants tunisiens résidant à l’étranger s’élève respectivement à 178.548 et 57.032 personnes soit (14,6 et 4,7%). Concernant la répartition socioprofessionnelle de la communauté tunisienne à l’étranger, les statistiques de l’année 2012 nous montrent que 40,1% sont des ouvriers, 6,8% sont des cadres, 4,2% occupent des professions libérales, tandis que 14,3% de la communauté sont des retraités, des femmes au foyer ou des chômeurs. Or il y a 154 associations répertoriées dont l’écrasante majorité se trouve en France et en Europe. Si l’on compare cela avec d’autres communautés de migrants (asiatiques, européens, marocains …) nous sommes encore très loin du compte.

[27] En effet chacun d’entre nous est, à divers moments, certes Tunisien-ne, Français, migrant, mais encore pratiquant telle ou telle religion, femme, salarié ou chômeur, syndicaliste, parent d’élève, agriculteur, féru de jazz et de malouf, footballeur amateur, consommateur quant je vais faire mes courses, joueur de belote, locataire quant je paye mon loyer … c’est dire combien notre identité individuelle est une subtile composition d’appartenances multiples et que à chacune de ces situations nous avons un statut et un comportement spécifique sans pour autant que cela nous fasse oublier ou perdre les autres composantes de notre identité.

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