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04 Jun

Kamel Jendoubi : L’homme à abattre

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Chroniques sociales et politiques

Kamel Jendoubi : L’homme à abattre

Kamel Jendoubi est un militant intègre et qui plus est un ami de très longue date. Et ces deux raisons sont en elles-mêmes suffisantes et justifient la déclaration publique qui suit que j’ai signé avec quelques camarades et compagnons dans l’immigration en France. Ce texte a été envoyé à la presse et aux médias en Tunisie.

Kamel Jendoubi est intègre parce que intransigeant sur les valeurs et les principes. Même ses adversaires ou plutôt ceux en désaccord avec les orientations politiques et philosophiques qu’il défend le lui reconnaissent. Son objectif, en tant que président de l’ISIE, était de mener à leur terme les premières élections démocratiques et transparentes du pays et, malgré les conditions difficiles, il faut lui reconnaître qu’il l’a atteint ! Et pourtant on cherche, aujourd’hui, à le discréditer et à le salir.

En prenant sa défense c’est l’idée de l’ISIE, cette invention tunisienne, que nous défendons et même la transition démocratique en cours et que d’aucuns voudraient dilapider avant même qu’elle ait pu arriver à bon port. De la part de la troïka rien d'étonnant. Le silence assourdissant de certains, dans l'opposition, a de quoi inquiéter.

La politique, quoi qu’en disent certains, n’est pas antinomique avec l’éthique.

Mohsen Dridi

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KAMEL JENDOUBI : L'HOMME A ABATTRE

Des militants politiques et associatifs de l’émigration tunisienne s’expriment

Notre ami Kamel Jendoubi fait l'objet depuis quelques jours d'une compagne odieuse visant à jeter le discrédit sur l'action qu'il a menée à la tête de l'Instance supérieure Indépendante pour les Élections - I.S.I.E.

Après avoir fait l'unanimité autour de sa personne, l'homme qui a mené avec ses collègues de l'I.S.I.E. l'opération électorale à bon port, est devenu l'homme à abattre !

Kamel Jendoubi, nous le connaissons depuis longtemps. D'abord, comme opposant farouche à Bourguiba puis à Ben Ali. Puis, comme militant associatif dans les milieux de l'immigration tunisienne en France où il a été, notamment, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives - F.T.C.R ; enfin comme militant des droits de l'Homme en France et en Europe, respectivement comme président du Comité pour le respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie - C.R.L.D.H.T. et du Réseau Euro-méditerranéen - R.E.M.D.H.

Les efforts qu'il a déployés plus de deux décennies durant pour desserrer l'encerclement imposé par Ben Ali à toute activité oppositionnelle sont connus de tous, opposants politiques comme militants de la société civile.

Ceux-là mêmes qui, dans les allées du pouvoir ou dans les travées de l'Assemblée Nationale Constituante - A.N.C. détournent aujourd'hui la tête, savent ce qu'ils lui doivent. Défendus sans relâche comme victimes de la répression ou régulièrement invités à s'exprimer dans les tribunes parisiennes et les enceintes européennes, ils étaient entourés et soutenus par le C.R.L.D.H.T. et ses partenaires en France et de par le monde.

De tout cela, nous témoignons parce que nous l'avons vécu et nous tenons à le rappeler à certains, opposants et reconnaissants hier, gouvernants et amnésiques aujourd'hui !

La campagne de dénigrement n'a pas commencé aujourd'hui. Elle a été déclenchée au temps du gouvernement Jebali lorsque le fameux pré-rapport de la Cour des comptes a fuité vers la présidence du gouvernement, puis des services d'icelle vers les chargés « juridiques » des basses œuvres et les officines de propagande déployées sur les réseaux sociaux.

Les «manquements» pointés par la dite Cour ont été largement diffusés, tendancieusement interprétés et grossièrement assimilés à des malversations. Et ce, avant même les réponses circonstanciées de l'I.S.I.E.

L'objectif était clair : il fallait salir Jendoubi décidément trop encombrant.

Encombrant par son indépendance, sa liberté de ton, encombrant par son charisme et par le respect qu'il inspire bien au-delà des frontières tunisiennes.

A peine calmée, la campagne rebondit aujourd'hui dans le contexte que l'on sait : alors que la nouvelle instance appelée à prendre le relais de l'I.S.I.E. s'enlise dans les «débats» et les marchandages interminables de l'A.N.C ; alors que l'inanité de la loi sur cette instance est devenue évidente depuis que le Tribunal Administratif a mis en cause les conditions de désignation de ses membres, il fallait une nouvelle fois barrer la route à Jendoubi.

C'est-à-dire à l'homme qui, le premier, a mis tout le monde en garde contre ce projet d'une instance électorale aux ordres, contre les dérives de la troïka et les risques d'élections non transparentes. Faut-il que les protagonistes de la scène politique, parfois même dans l'opposition, soient à ce point aveugles pour ne pas s'apercevoir des conséquences qu'ils encourent à à cautionner une instance en laquelle le citoyen tunisien n'aura aucune confiance !

Entretemps, Kamel Jendoubi, au lieu de se retirer sur l'Aventin, de « s'en laver les mains », a repris ses vieilles habitudes de militant des droits, et ne cesse de donner de la voix pour défendre les libertés menacées ou pour empêcher que l’enquête sur l’assassinat de Chokri Belaïd ne se perde dans les limbes[1].

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi le président de la Cour des comptes organise une conférence de presse avant même la publication du rapport au J.O.R.T ; pourquoi l’action de l’I.S.I.E est ainsi soumise à un tir nourri sans même que l’on fasse état des réponses de ses responsables aux différentes attaques.

Nous sommes en droit de nous demander à qui profite cette mise en scène.

Celui que tout le monde louait pour son courage, sa compétence et son intégrité est aujourd'hui voué ainsi que les autres membres de l'I.S.I.E. à l’opprobre de la mauvaise gestion, voire plus, insinue-t-on ici et là.

Après l'assassinat de Chokri Belaïd, le lynchage politique et médiatique de Kamel Jendoubi fait partie d’une entreprise qui vise à mettre hors jeu les «fortes têtes» et les figures emblématiques de la lutte démocratique. Pire encore, à déposséder les Tunisiennes et les Tunisiens de leurs efforts et de leur fierté à recouvrer leur dignité et leur citoyenneté active. Encore un mauvais coup contre la transition démocratique en Tunisie.

Nous tenons ici :

. à exprimer notre solidarité à notre ami et camarade Kamel Jendoubi et à ses collègues de l'I.S.I.E. ;

. à dénoncer la vile propagande qui, nous le savons, ne réussira pas à le faire taire.

Nous en appelons au Président de la République et au Président de l'ANC. qui ont, à maintes reprises, assuré à l' I.S.I.E et à son Président leur pleine confiance et qui se murent aujourd'hui dans un silence assourdissant.

Paris, le 3 juin 2013.

Adel LTIFI (Historien, Directeur de l’institut de la culture arabe moderne )

Adel THABET (Parti des travailleurs)

Aderrazak Horchani BOUAZIZI (démocrate tunisien et militant associatif. Ancien président de l' ATF et de l' ADTF (Association Démocratique des Tunisiens en France))

Adnane BEN YOUSSEF (Secrétaire exécutif fédération Al-joumhouri France nord)

Amor CHERNI (Philosophe, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand)

Azza GHANMI (Animatrice Associative)

Chadlia HAMADI (Présidente de Droit et Interculturalité dans l'Europe des Migrants-DIEM)

Chebbi MEHDI (militant associatif)

Chedly ZAIDI (Coordinateur du PPD Unifié en France)

Cherif FERJANI (Professeur de Sciences politiques, Lyon 2)

Hafedh AFFES, (S-G de la FTCR)

Hedi JILANI (Président Association Vérité et Justice Farhat Hached)

Hichem ABDESSAMAD (Traducteur)

Houcine BARDI (Avocat au Barreau de Paris, Secrétaire Général et porte parole de l'association Vérité et Justice pour Farhat Hached)

Jalel MATRI (Militant associatif Genève)

Jocelyne DAKHLIYA (Historienne et anthropologue, Ecole des hautes études en sciences sociales)

Khaled ABICHOU (militant associatif, ancien syndicaliste UGTT, ancien S-G de la FTCC)

Lotfi HAMMAMI (Militant Politique)

Mohamed BEN HENDA (Président de l'Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse)

Mohamed BEN SAID (Président de l'Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne)

Mohamed HAMROUNI (Président du Mouvement citoyens des Tunisiens en France)

Mohamed MANSAR (militant associatif)

Mohsen DRIDI (Militant associatif)

Moncef GUEDOUAR (Vice président de la FTCR)

Mouhieddine CHERBIB (CRLDHT, ancien président de la FTCR)

Mourad ALLAL (Militant associatif)

Mrad GADHOUMI (Président de Filigrane)

Nacer JALLOUL (Militant associatif)

Najet MIZOUNI (Universitaire)

Najoua AGREBI (Juriste)

Noureddine BAABOURA (Juriste, Militant Associatif)

Omar GASMI (Directeur de Droit et Interculturalité dans l'Europe des Migrants)

Ramzi OUESLATI (militant associatif)

Sarra BEN MILOUD-ABICHOU, Enseignante

Sophie BESSIS (Universitaire)

Tarek BENHIBA (Président de la FTCR)

[1] Rappelons que Kamel Jendoubi est membre de l'association Vigilance (Yaqadha) et de l'Initiative pour la Recherche de la Vérité sur l'Assassinat de Chokri Belaid – IRVA.

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