Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 Oct

Révolution tunisienne : Chronologie de la mobilisation des Tunisien-nes à l’étranger

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Chroniques sociales et politiques

republique-tunisie.JPGLa révolution tunisienne sera sans doute l’événement qui marquera l’entrée de plain-pied de la Tunisie et du monde arabe dans le 21ème siècle. Comme toutes les révolutions personne ne pouvait bien évidemment prévoir celle-ci ! Les historiens, plus tard, ne manqueront pas de nous apporter les explications sur les raisons  profondes (politiques, sociales, économiques, démographiques, culturelles …) qui en sont à l’origine.

Pour l’heure cette révolution reste aussi une affaire d’hommes et de femmes. En particuliers de jeunes ! Une implication de ces hommes et ces femmes qui l’ont vécu au jour le jour, soit à titre individuel soit dans un cadre plus collectif et institutionnel. Mais à chaque fois cela a nécessité un engagement personnel, presque intime. Ils et elles en ont été les acteurs, parfois involontaires, du déroulement concret, au quotidien, de cette révolution en même temps que celle-ci les a entraîné dans son sillage et même, à son tour, façonné. Des sans-culottes et des Gavroches, beaucoup de Gavroches, mais des Gavroches des temps modernes bien sûr. Un jour peut-être, il faut l’espérer, quelqu’un nous racontera toutes ces histoires personnelles, les petites comme les grandes.

 

Les Tunisien-nes à l’étranger aussi l’ont suivi, en temps réel, cette révolution. Même si personne ne pensait alors que cette énième révolte, celle de Sidi-Bouzid en cette fin d’année 2010, serait celle qui allait tout bouleverser. Les Tunisien-nes à l’étranger, la poignée d’associations de Tunisien-nes qui n’avaient même pas encore fini de digérer les évènements du bassin minier de 2008-2009, devant faire face, en 2009, à la répression contre les membres de l’UGET, voilà qu’un autre événement à Ben-Guerdane cette fois vient à son tour les bousculer … Sans oublier, évidemment, les traditionnelles questions de sans-papiers, de contrôles au faciès … dans les pays de résidence. Le quotidien de ces associations et de ces militant-es quoi !

 

Pour eux et elles tout cela est aussi une affaire d’hommes et de femmes qui tentent de gérer, au gré des évènements, et du mieux possible, les mobilisations nécessaires et indispensables. Cela se passe d’ailleurs ainsi depuis bientôt un siècle. En fait depuis que les Tunisien-nes qui ont vécu à l’étranger et notamment en France – soit pour y étudier soit pour y travailler – ont commencé à se mobiliser contre l’oppression et pour la liberté et la justice : Présence nombreuse et active des Tunisien-nes au sein de l’Etoile nord africaine (ENA) de Messali Hadj en 1926, comme au sein de l’AEMNAF (association des étudiants musulmans nord africains en France) en 1927[1], le mouvement national dans les années 1930 et 40, la naissance de l’UGET dans les années 1950 à Paris, le mouvement étudiant en 1970-72 et dans les années qui suivirent, le soutien à l’UGTT en janvier 1978 suite à la grève générale ( avec l’UTIT/FTCR ou encore avec le collectif du 26 janvier), le soutien à la révolte du pain en 1984, le rôle des Tunisien-nes au sein du MTA (mouvement des travailleurs arabes) puis la constitution d’associations tunisiennes indépendantes (FTCR ex-UTIT en 1974, ATF en 1982 …), la mobilisation contre la répression dans les années 1980 avec Comité d’information et de défense des victimes de la répression en Tunisie (CIDVRT), dans les années 2000 avec le CRLDHT, le mouvement de soutien aux luttes du bassin minier en 2008, la mobilisation lors de la révolution en 2010 – 2011, et aujourd’hui le CTDL (collectif tunisien pour la défense des libertés).

 

Les associations de Tunisien-nes à l’étranger sont un peu une sorte de thermostat qui permet à la fois de mesurer l’état de (et de maintenir) la mobilisation de ces Tunisien-nes. Bien sûr les réseaux sociaux et le web ont été des outils et des supports importants pour la circulation de l’information, information que chacun pouvait recevoir en en quasi-temps réel. Mais c’est surtout, au final, le travail concret mené par les militant-tes, dans les associations, qui ont permis une visibilité, dans le monde réel et sur le terrain, de cette action de mobilisation. En France bien sûr mais aussi en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, au Canada, aux USA … les Tunisien-nes et les associations se sont mobilisés. C’est également leur proximité et leur participation dans les différents réseaux citoyens avec les associations, les syndicats … dans les pays de résidence qui leur a également permis de gagner la sympathie et le soutien indispensables de l’opinion dans ces pays. Sympathie, solidarité et soutien actif y compris dans les pays du Maghreb et dans le monde arabe.

 

Observateur et témoin privilégié – de par ma proximité - de ce travail mené par les associations, c’est la petite histoire de cette mobilisation, à travers une chronologie, nécessairement incomplète, que je voudrais vous présenter ici. Cette chronologie, chacun l’aura compris, concerne la manière dont les évènements ont été perçu et ressenti par les communautés tunisiennes vivant à l’étranger. Elle commence le 20 décembre 2010, soit quelques jours après l’immolation de Mohamed Bouazizi et se termine, puisqu’il faut toujours une fin, le 15 janvier 2011. Choix nécessairement arbitraire car la mobilisation des Tunisien-nes à l’étranger n’en a pas moins continué après le 15 janvier. J’admets que j’ai hésité car j’aurai pu choisir de terminer cette chronologie soit en février, avec la question des harragas qui débarquèrent par milliers sur l’île de Lampedusa soit en mai 2011 avec la tenue des premières « assises de l’immigration ». J’ai finalement opté pour le 15 janvier, journée mémorable où des dizaines de milliers de personnes, Tunisien-nes bien sûr mais également maghrébins, arabes, européens … sont descendues dans les rues des grandes villes partout dans le monde pour manifester et laisser éclater leurs joies.

 

Mohsen Dridi

 

***

 

Tunis le 19 décembre 2010

 « Hommage au Président Ben Ali pour son pari sur la jeunesse » Voilà le titre pompeux que donnait à lire en ce 19 décembre 2010 le journal « Le Temps » de Tunisie. L’article en question disait en substance « Célébrant le premier anniversaire de l’adoption par les Nations Unies de l’initiative présidentielle relative à la proclamation de l’année 2010, Année internationale de la jeunesse, les jeunes de la localité de Sidi Hassine réunis, hier, au Complexe de jeunesse et des sports, ont salué le pari fait par le Président Zine El Abidine Ben Ali sur la jeunesse (…) etc. ». « Reconnaissance au Président Ben Ali. Le Président Zine El Abidine Ben Ali a reçu un message de considération et de gratitude émanant des étudiants constitutionnels démocrates de la région de La Marsa » renchérissait de son côté le quotidien « La Presse ». Bref tout est bien dans le meilleurs des mondes. A insister de la sorte sur la jeunesse les observateurs attentifs et qui connaissent le langage médiatique ont du très certainement se rendre compte qu’il se passait quelque chose d’inhabituel dans le pays.

 

Mais, évidemment, pas un mot, dans les médias tunisiens,  sur le drame qui se joue à quelques centaines de kilomètres de la capitale, au centre du pays et plus précisément dans la localité de Sidi-Bouzid. Depuis deux jours maintenant se déroulent dans cette localité des évènements graves et qui vont sonner le glas du pouvoir RCD en Tunisie. Mais cela, à ce moment là, personne ne l’imaginait alors.

 

En effet le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi-Bouziz pour protester contre la confiscation de sa marchandise. Mais personne n’imagine que ce drame et ce geste aillaient constituer l’élément déclencheur d’un bouleversement sans précédent en Tunisie et qui aura des conséquences non seulement dans le monde arabe mais également à l’échelle du monde.

 

Paris le 17 décembre 2010.

Il faisait froid ce jour là et la température était descendue jusqu’à –1°C. Les Tunisien-nes et les associations de migrant-es sont, pour leur part - outre bien sûr, les questions de votation citoyenne, des sans-papiers, ou du racisme - mobilisés sur la question palestinienne et notamment autour de l’initiative « un bateau français pour Gaza ».  Et avec les associations de défense des droits humains elles restent toujours en encore, et cela depuis deux ans, mobilisées sur les derniers développements en lien avec le mouvement du bassin minier en Tunisie (le 30 novembre 2010 deux réunions publiques avaient eu lieu à Oulins et le 1er décembre à Lyon autour du film « Redeyef, le combat de la dignité »). La question des droits de l’homme en Tunisie est très présente également (Par exemple le 18 novembre 2010 le CRLDHT organise à Paris une rencontre-débat avec Mustapha Ben Jaafar[2] ; le 2 décembre avec Sana Ben Achour[3] et le 16 décembre avec Moncef Marzouki[4] sur la situation en Tunisie ; le 9 décembre à Bruxelles est organisé un rassemblement contre la torture en Tunisie ; enfin le 20 décembre 2010 à Paris à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, le Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT) va organiser une cérémonie de remise du Prix Hachemi Ayari 2010 qui sera décerné à notre camarade Mohieddine CHERBIB membre fondateur du CRLDHT et ancien président de la FTCR. C’est d’ailleurs au cours de cette cérémonie que sera évoqué pour la première fois le cas de Mohamed Bouazizi. Bien sûr sur certains réseaux sociaux (Nawaat, ou encore sur la liste « Maghreb solidarité ») les premières vidéos et/ou informations faisant état d’affrontements et de manifestations à Sidi-bouzid commencent, dès le 18 décembre, à circuler et à être relayé, mais toujours cependant en tant qu’information qui fait suite à celles du bassin minier ou celles de Ben-Gardanne.

 

Le 19 décembre et les jours suivants les journaux français (le NouvelObs (ici), 20minutes (ici) …) font état des heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Sidi Bouzid. Le 21 décembre c’est au tour du quotidien Libération de donner l’information (ici) et le 28 Le Monde.fr (ici) ou encore le Figaro (ici)

 

Dès le 20 décembre soit trois jours après l’immolation par le feu de M. Bouazizi la FTCR va publier un premier communiqué pour dénoncer ce drame et surtout l’utilisation abusive et systématique de la répression par les forces de l’ordre (ici). On retrouvera par ailleurs ce communiqué de la FTCR traduit en espagnol et publié sur le site du syndicat CGT d’Andalousie (ici)

 

A Paris quelques militant-es (notamment de la FTCR) vont dès lors s’activer et constituer un Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid. Ainsi une réunion de travail est appelée pour le mardi 21 décembre 2010, à 18h30 dans les locaux de la FTCR. A l’origine cette initiative, née suite à des échanges entre quelques militants Tunisiens sur Paris, devait être consacrée à préparer des actions pour commémorer les évènements du bassin minier ainsi que le soutien aux militants de l'UGET emprisonnés. Cependant et étant donné la tournure des évènements, l'ordre du jour intègrera également la question de la situation à Sidi Bouzid.

Ce collectif appellera rapidement à un premier rassemblement pour le 23 décembre 2010 à 18h 00 près de la station de métro Couronnes à Paris[5]. Le collectif est alors composé de la FTCR, CRLDHT, Voix Libre, Solidarité Tunisienne, Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier, ATF, ATF Paris, Etoile Nord Africain, PDP, Mouvement Nahdha, POCT, Mouvement Tajdid France, CPR, Courant Nationaliste Progressiste. Dans la foulée, comme cela se fait d’ordinaire, une nouvelle réunion du collectif est programmée pour le 28 décembre à la FTCR.

 

Le 22 décembre la fédération internationale des droits de l’homme FIDH publie à son tour un communiqué dénonçant la répression et en soutien notamment au journaliste Zouheir Makhlouf agressé par des policiers. (ici)

 

Mais à partir du 25 décembre les affrontements à Sidi-Bouzid et la violence de la répression vont prendre une tournure inquiétante et le mouvement de protestation et d’insurrection va s’étendre aux autres villes de la région (Sidi Bouzid, Meknassi, Jelma, Menzel Bouzaïene, Sidi Ali Ben Aoun...). On compte désormais plusieurs victimes (décès du jeune Houcine Falhi à Sidi Bouzid, du jeune Mohamed Amari (24 ans). A Tunis des syndicalistes organisent une marche de protestation depuis la place Mohamed Ali.

 

A Paris le Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid  qui commence à avoir de nouveaux signataires appellera à un nouveau rassemblement le 25 décembre 2010 à 14h 00 près de la station de métro Couronnes à Paris. Le mouvement Ettajdid ainsi que le mouvement nationaliste progressiste publient des déclarations de dénonciation (ici)

 

Le 26 décembre la contestation populaire en Tunisie commence à toucher la zone périphérique de la capitale. Les évènements prennent donc une nouvelle dimension. La LTDH demande l’ouverture d’une enquête. Face à la dégradation de la situation en Tunisie et notamment les morts et blessés l’idée d’appeler à de nombreux rassemblements partout devant les ambassades et consulats de Tunisie est lancée. D’autant que des informations contradictoires circulaient à propos du décès du jeune Chaouki Hidouri de Menzel Bouzaïne.

 

Paris, des manifestations de soutien se mettent également en place et la mobilisation devient dès lors quasi quotidienne. Ainsi le dimanche 26 décembre 2010 à 11h a lieu un rassemblement devant le consulat général de Tunisie à Paris (ici) et (ici)

 

De même et toujours en France les syndicats commencent à prendre la mesure des évènements qui se déroulent en Tunisie. Le 27 décembre, l’Union syndicale Solidaires (USS) lance un appel des autorités françaises et exige qu'elles sortent enfin de leur silence complice et condamnent explicitement la politique répressive du gouvernement tunisien.

Le POCT dénonce dans un communiqué la répression et demande la libération de Hamma Hammami son porte-parole. Le 27 décembre un article sur les évènements paraît dans les colonnes du Monde signé d’Isabelle Mandraud. Le 27 décembre le syndicat marocain prend position et dénonce de son côté la répression.

 

 

Le 28 décembre 2010 soit plus de dix jours après le début des évènements va avoir lieu la première allocution télévisée de Ben Ali depuis le début des troubles. Le ton est évidemment à l’accusation de perturbateurs et d’agitateurs hostiles à la Tunisie …etc. Les actions de solidarité avec les manifestants sont de plus en plus nombreuses. En Tunisie comme en France de plus en plus d’ONG et de mouvements politiques commencent à prendre fermement position. Les avocats tunisiens ont organisé une manifestation de soutien aux habitants de Sidi Bouzid. (ici), (ici), (ici)

 

A Paris le 28 décembre  la réunion prévue a lieu à la FTCR et annonce officiellement la constitution du « Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid »[6]. L’idée était entre autre chose essayer d’élargir la solidarité entre le mouvement de Sidi-Bouzid avec celui de Redeyef (ici). Le Congrès pour la république CPR publie pour sa part un communiqué le 28 décembre 2010.

 

Le lendemain, le 29 décembre constatant que sa première allocution n’a pas eu l’effet attendu Ben Ali effectue un remaniement ministériel partiel. Dans le même temps Ammar Amroussia, correspondant du journal Al-Badil et membre du POCT, est arrêté à Gafsa le 29 décembre. (ici)

 

Parallèlement la solidarité et les dénonciations de la répression s’accentuent. Un rassemblement a lieu à Paris le 30 décembre à l’appel du Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid, 18H à Place de la Fontaine des Innocents à Paris. (ici)

 

Une réunion du collectif est prévue pour le 5 janvier 2011.

 

Le 30 décembre : En France tous les syndicats expriment leur solidarité avec les insurgés en Tunisie[7].

Par ailleurs un nouveau rassemblement à lieu le 30 décembre à 18h à Paris place de la Fontaine des innocents avec le slogan « halte à la répression en Tunisie » (ici)

 

Le lendemain, le 31 décembre, en France, de nombreux mouvements politique et d’ONG (ici), (ici), (ici) dénoncent à leur tour la répression. Le parti socialiste PS prend position et dénonce la répression (ici). D’autant que la police tunisienne n’hésite plus à s’attaquer aux avocats qui manifestent en masse dans plusieurs villes du pays. 

 

Début janvier 2011

Le mouvement de révolte gagne du terrain et s’étend maintenant à toutes les régions. Les lycéens entrent à leur tour dans l’action. (ici) , (ici) , (ici)

 

Le 1er janvier 2011 : Alors que le mouvement va en s’amplifiant en Tunisie les partis politiques français dont le PCF dénoncent à nouveau la répression (ici)

 

Le 2 janvier 2011 : Chawki Hidri un homme de 43 ans originaire de Menzel Bouzayane qui avait été blessé par balles au cours des affrontements violents du 24 décembre 2010 décède le 2 janvier. De leur côté les anciens prisonniers du bassin minier se mobilisent à nouveaux et occupent les locaux de l’union locale de l’UGTT à Redeyef. (ici), (ici)

 

4 janvier 2011

Mohamed Bouazizi, décède des suites de ses graves brûlures (ici).

Mohamed Bhar écrit une chanson dédiée à Sidi-Bouzid (ici) 

 

 

6 janvier – A Tunis plusieurs milliers d’avocats se mettent en grève. Plusieurs cyber-dissidents sont arrêtés. Malgré l’interdiction des milliers de personnes vont participer à l’inhumation de Mohamed Bouazizi. (ici)

 

Montréal : Collectif de solidarité au Canada avec les luttes sociales en Tunisie (ici)

 

Le 6 janvier est décrété « Journée de solidarité internationale avec Sidi Bouzid ». De nombreuses initiatives sont ainsi organisées dans de nombreux pays et villes (Genève (ici), Lille, Montréal, Paris (ici), Alger, Toulouse, Lyon (ici), Nantes, Marseille, Strasbourg, Rennes, Naples …)[8] (ici) (ici)

 

8 janvier 2011

La commission arabe des droits de l’homme organise à Paris une rencontre-débat.

 

A Nantes a lieu le 8 janvier une importante manifestation contre la répression, Place Royale organisée par Collectif nantais de Soutien aux Tunisien-ne-s de Redeyef [9](ici)

 

A Paris rassemblement devant le siège de France télévision (ici)

 

Le  9 janvier 2011

Nouvelles manifestations sanglantes qui font une vingtaine de morts par balles selon le gouvernement, plus d'une cinquantaine notamment à Kasserine selon d’autres sources.

 

Le consulat de Tunisie à Paris est quant à lui victime d'une explosion sans gravité. Dans une déclaration à l’AFP l’Ambassadeur de Tunisie en France  dénonce « un acte terroriste ajoutant que la désinformation ces derniers jours sur ce qui se passe en Tunisie est telle que tout en devient possible même cet acte terroriste ». Pour sa part dans un communiqué le Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid réaffirme son attachement au caractère pacifique du soulèvement populaire en Tunisie, et « trouve étrange la concomitance de cette petite explosion pour reprendre les termes de la police avec le décès par balles tirées par les forces de l’ordre tunisiennes d’au moins onze tunisiens dans la région de Kasserine » (ici)

 

Manifestation à Belleville (Paris 20ème) le 9 janvier décrétée « Journée internationale de deuil » suite à l’assassinat de 20 personnes à Kasserine  (ici) (ici) 

 

Rassemblement le 9 janvier à Montréal devant le Consulat de Tunisie (ici)

De même un rassemblement a eu lieu le 9 janvier à Québec devant les locaux de radio-Canada.

 

 

10 janvier 2011

Prenant la parole pour la seconde fois Ben-Ali persiste et signe :« Ces incidents sont l'œuvre d'un groupuscule d'éléments hostiles (…) à la solde de l’étranger … ». Pourtant à Tunis, les sit-in de lycéens et d'étudiants ne s'affaiblissent pas.

 

Le même jour à Paris a lieu un rassemblement à 18h place de la Fontaine des innocents

 

11 janvier 2011

Le couvre-feu est décrété à Tunis. Michelle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, propose une coopération sécuritaire qui a pour effet de scandaliser les Tunisiens et même l’opinion en France. Celle-ci démissionnera quelques temps après.

Rassemblement à 18h devant l’ambassade de Tunisie à Paris (Métro Saint François Xavier)

Rassemblement à Nancy le 11 janvier (ici)

 

Le 12 janvier

En Tunisie la répression s’accentue mais la révolte ne faiblit pas ! Les locaux syndicaux dans les villes deviennent le lieu de ralliement des manifestations.

 

Marseille : rassemblement en haut de la Canebière à 18h à Marseille. Un millier de personnes ont défilé mercredi 12 janvier à Marseille aux cris de "Ben Ali assassin", en solidarité avec le mouvement de contestation du régime en Tunisie (ici)

 

Le 12 janvier un chercheur franco-tunisien de Compiègne, Hatem Bettahar, est tué par balles à Douz. (ici)

 

A Paris un rassemblement a lieu à 18h devant le métro Couronnes et une marche est immédiatement organisée sur le boulevard de Belleville.

 

13 janvier – Ben Ali prend la parole pour la troisième et dernière fois. Il s’adresse à la population en dialecte tunisien, chose qu’il n’avait jamais fait auparavant. « Je vous ai compris ! » disait-il en substance. Il annonce à la télévision qu’il ne briguera pas de nouveau mandat en 2014 et promet la liberté de la presse.

 

13 janvier : Meeting du 13 janvier 2011 à 18h30 à la Bourse du travail de Paris. Cet important meeting avait été appelé par toutes les sensibilités de l’opposition tunisienne et les associations de l’immigration. La salle de la bourse du travail était comble[10].

 

Grenoble : Rassemblement Jeudi 13 janvier 2011 de 17H30 à 18H45

 

Maroc - Sit-in de solidarité avec le mouvement de revendications et de contestation que connaît la Tunisie

le 13 Janvier à 17h devant l’Ambassade de Tunisie (ici) (ici). Une première manifestation prévue le 10 janvier avait été interdite par les autorités marocaines.

 

14 janvier 2011

Tunisie : Les manifestations ont lieu dans tout le pays. Une imposante manifestation a lieu, à Tunis, devant le ministère de l’intérieur avec le slogan « Ben Ali dégage ». Dès lors les évènements vont s’accélérer avec la fuite de Ben Ali et sa famille.

 

Le 15 janvier 2011 

Suite à l’annonce de la fuite de Ben-Ali des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour manifester dans de nombreux pays et villes ( Nantes, Toulouse, Marseille (ici), Montpellier, Lyon (ici), Chalon sur Saône, Nancy, Cahors, Genève (ici), Bruxelles (ici), Montréal (ici), Ottawa, Québec)[11]. A Paris (ici) plus de quinze milles personnes défilent de la Place de la République jusqu’au centre Beaubourg. (ici) (ici)



[1] Alors qu’ils n’étaient qu’une vingtaine d’étudiants Tunisiens en France en 1914, leur nombre va passer à près de 120 en 1931 et à plus de 200 en 1938.

[2] M. Ben Jaafar sera, après les élections du 23 octobre et la constitution d’une coalition composée d’Ennahda, du CPR et Etakatol, élu président de l’Assemblée nationale constituante

[3] S.Ben Achour est juriste, militante féministe et ancienne présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates

[4] M. Marzouki sera de son côté élu, par l’ANC, président de la république dans le cadre de l’alliance gouvernementale.

[5] Ce quartier de Belleville-Couronnes, dans le 20ème arrondissement de Paris est traditionnellement un lieu de rassemblement et de mobilisation des mouvements d’opposition et des associations de Tunisiens en raison de la forte présence de la communauté tunisienne.

 

[6] L’historique de ce collectif est une suite d’évolutions qui s’est quasiment adaptée à la situation tunisienne. Ainsi, alors que la région du bassin minier est en ébullition depuis le début janvier 2008, c’est le 28 février à l’issue d’une réunion d’information et de solidarité tenue à la FTCR que va être décidée la constitution d’un Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier.

De même en 2009, devant la multiplication des luttes dans les pays du Maghreb va se constituer le réseau Maghreb solidarité en solidarité avec les luttes sociales et pour les libertés syndicales au Maghreb. Participent à ce réseau AMF, ASDHOM, ATF, ATMF, CEDETIM, CISA, Comité de soutien au Bassin Minier, CORELSO, CRLDHT, FTCR, Groupe de soutien AMDH Paris, MRAP, CNT, Union Syndicale Solidaires, FASE, NPA, PCF, PCOF, PCOT, PDP, PG, Verts, Voie Démocratique, ...

Mais à partir de février – mars 2009 la répression contre les étudiants et l’UGET (Union générale des étudiants de Tunisie) oblige le collectif Maghreb solidarité à intégrer la question du soutien au syndicat étudiant. Un tract est publié par le collectif « Tunisie : La répression s’intensifie contre le mouvement étudiant » avec une liste des premiers signataires : LDH, Les Jeunes Verts, Union des Etudiants Communistes, ATTAC, MRAP, CEDETIM, MQJS, CNT, Union syndicale Solidaires, ASDHOM, CRLDHT, AMF, ATMF, FTCR, ATF, PCOF, NPA, Les Verts, PCF, PDP, PCOT.

En 2010 quelques jours après le déclenchement des manifestations dans la région de Sidi-Bouzid la dynamique va se ré enclencher et un Collectif de Solidarité avec les Luttes des Habitants de Sidi Bouzid  va être lancé dès le 22 décembre. Il regroupera les organisations suivantes : AC ! - AFASPA - AMF - ASDHOM – ATF- ATF Paris - ATMF - ATTAC - CEDETIM - CNT - Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - Courant Nationaliste Progressiste - CORELSO - CPR - CRLDHT - Etoile Nord Africaine - Europe Ecologie Les Verts - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Ecologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre. C’est seulement dans ce dernier collectif que le mouvement Ennahda ainsi que les associations qui lui sont proches vont faire acte de présence.

 

[7] En fait si les syndicats français se sont assez rapidement et collectivement mobilisés sur la question c’est en raison de leur sensibilisation depuis 2008 autour des évènements du bassin minier mené par les associations de Tunisien-nes. Ils s’étaient alors fortement mobilisés pour la défense des syndicalistes du bassin minier. Il est à signaler à ce sujet que c’est probablement la première fois que tous les syndicats français se retrouvent ainsi unis.

 

[8] Voici la liste des villes qui ont confirmé leur participation à cette journée :

  • Genève : Rassemblement le 6 janvier à 18H, Place Molard
  • Lille : Rassemblement le 6 janvier à 18h, Place du Général De Gaulle
  • Montréal : Rassemblement le 6 janvier 2011 à 17H 30, devant le Consulat de Tunisie à Montréal - Adresse: devant le Consulat de Tunisie à Montréal situé au 1255 University (Station McGill)
  • Paris : Rassemblement le 6 janvier à 18h, Place de la Fontaine des Innocents (près du métro Châtelet / les Halles, ligne 4 ou RER A)
  • Alger : le Jeudi 6 Janvier 2011 une rencontre syndicale dans son siège à la maison des syndicats et une délégation à l’Ambassadeur de Tunisie à Alger, pour remettre une lettre de protestation
  • Toulouse : devant le Consulat de Tunisie, 19 Allées Jean Jaurès, Métro Jean Jaurès à 18 h.
  • Lyon : devant le consulat de Tunisie à Lyon 4, avenue du Maréchal Foch 69453 Lyon
  • Nantes : devant la Préfecture de Nantes à 18 h.
  • Marseille : devant le consulat de Tunisie - Boulevard d'Athènes - Le jeudi 06 janvier à 18h
  • Strasbourg : Rassemblement avec conférence de presse devant le consulat de la Tunisie, 6, Rue Schiller 67000 Strasbourg : Jeudi 6 janvier à 18 heures
  • Rennes : Halte à la répression en Tunisie : Rassemblement de solidarité le 6 janvier 2011 à 18H 30 Place de la Mairie à Rennes
  • Naples, Italie : Solidariet à con il popolo represso Tunisino 18:00 - 20:30

 

[9] Nantes comprend une importante communauté tunisienne originaire du bassin minier qui s’était d’ailleurs fortement mobilisée en 2008 lors des évènements de Gafsa et Redeyef.

[10] Le meeting était appelé par : AC ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF- ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CFDA - CISA - CNT - Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - Courant Nationaliste Progressiste - CORELSO - CPR - CRLDHT - DAL - Etoile Nord Africaine - Europe Écologie Les Verts - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FSQP - FTCR - FMVJ-France ( Forum Marocain Vérité et Justice) - La pelle et la pioche - Les Alternatifs - LDH - Le MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ÉCOLOGIQUE ET DÉMOCRATIQUE - LUTTE OUVRIÈRE - Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - partenia 2000 - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG - Le Parti Socialiste Unifié (Maroc) - Réseau Stop la Précarité - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne - SORTIR DU COLONIALISME – SYNDICAT DES ECRIVAINS DE TUNISIE – UNEF - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre

 

[11] Les villes et pays cités ici sont ceux qui se sont officiellement signalés et inscrits dans cette initiative commune. (Il est évident que d’autres initiatives et manifestations ont eu lieu dans d’autres villes) :

  • Nantes : manifestation Place Royale à 16h
  • Toulouse : Samedi 15 janvier à 11h Place Jeanne d'Arc
  • Paris, le 15 janvier départ Place de la République
  • Genève : le 15 janvier 2011 à 14h30 Place Neuve
  • Marseille : Rassemblement samedi 15 janvier 2011 à 14h30 Aux Mobiles en haut de la Canebière
  • Montpellier : Dimanche 16 janvier à 15h à la place de la comédie à Montpellier
  • Lyon : ce samedi 15 janvier 2011 à partir de 10H30 de la Place Jules Ferry à la Préfecture en passant par les consulats d’Algérie et de Tunisie
  • Bruxelles : Rassemblement pacifique Samedi 15 janvier 2011 de 14 à 15h sur les escaliers de la Bourse
  • À Montréal: Rassemblement et départ de la marche au Square Dorchester,
  • À Ottawa: Devant le Parlement du Canada, Ottawa
  • À Québec: Devant le Centre Communautaire Lucien Borgne au 100 Chemin Ste-Foy
  • Chalon sur Saône : Rassemblement : Samedi 15 janvier 2011 - à 15 h : Place de Beaune à Chalon s/Saône
  • Nancy : Rassemblement : Samedi 15 janvier 2011 - 15 h , Place Maginot - Nancy
  • Cahors : Rassemblement de solidarité avec les luttes des peuples tunisiens et algériens à 11h devant la Mairie de Cahors
  • Toulon : manifestation

 

Commenter cet article
M
s v p LE 17 DEC 2013 NOUS COMMEMERONT LE 3EME ANNIV DU DECLENCHEMENT DE LA REVOLUTION TUNISIENNE ...PLUS QUE JAMAIS VOUS TUNISIENS DE RANCE .VOTRE PAYS A BESOIN DE VOUS ALORS NE LA LAISSEZ PAS ENTRE LES MAINS DE LA NOUVELLE MAFIA MOBILESONS NOUS A TOULOUSE ET PARTOUT ..LE TEMPS PASSE VITE ET L'HISTOIRE NE PARDONNE PAS //CHERIF TEL0601752823
Répondre

Archives

À propos

Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants