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21 Nov

« Radio Pompéi » à Ferryville, une radio, pendant la guerre, animée par des ouvriers de l’arsenal

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Saviez-vous que ...

radio-OK.jpgOn savait Ferryville cité ouvrière très marquée à gauche politiquement (socialiste et surtout communiste), avec un mouvement syndical, notamment à l’arsenal, assez radical. L’arsenal était l’un des bastions de la CGT de la CGTU en 1922 et c’est là que fut créée, en 1924, une section du premier syndicat tunisien (CGTT). Et avec une tradition antifasciste tout aussi résolue.

 

Et bien cela ne suffit pas. Voilà que l’on découvre que la résistance aux allemands, alors même que ces derniers occupaient militairement la Tunisie et évidemment la région stratégique de Bizerte et l’arsenal de Ferryville, avait pris une tournure toute particulière par de nombreux actes de sabotages et plus singulièrement avec cette  « radio Pompéi ». Il est vrai que depuis le déclenchement de la seconde guerre mondiale et la politique de collaboration du régime de Vichy de nombreux ouvriers de l’arsenal furent non seulement licenciés mais certains parmi eux furent purement et simplement arrêtés et torturés, pour avoir rédigé et diffusé des tracts contre Pétain, et emprisonnés au CFI (Centre de formation des indigènes) près du Temporaire qui a été transformé en véritable centre de torture par le régime de Vichy.  Les tortionnaires, eux, étaient à Ferryville bien sur. Ce qui s’est passé en France durant l’occupation s’est également passé en Tunisie et bien entendu à Ferryville. Résistants contre collobos.

 

Comme chacun le sait les troupes allemandes occupèrent la Tunisie dès novembre 1942 et ce jusqu’en mai 1943 quand les américains, qui bombardèrent la région et la ville durant de long mois, les en délogèrent. « Radio Pompéi » c’est en fait le nom que s’est donné un noyau de résistants (ouvriers et de techniciens de l’arsenal). Sa tâche ? Informer les troupes alliés des positions allemandes à Ferryville en vu des bombardements quotidiens. « Ce noyau (…) s’est formé autour d’un ingénieur nommé René Alquier, ancien chef de l’atelier électricité, révoqué par Vichy en 1941. Les émissions sont dirigées par l’agent technique Henri le Hen, chef du service de Précision à l’arsenal, et par sa femme Yvette à partir de deux postes émetteurs qui se baladent chez les uns et les autres. La première émission a été assurée par un marin déserteur (…).L’agent technique Louis Dorel et l’électricien tunisien El Mekki sont chargés des renseignements zone nord ». (…) « Un jour, dans le centre de Ferryville, près de l’avenue de France, un des radios clandestins émet derrière le bar du centre (…) et la librairie Bêle lorsque les allemands réussissent à le repérer avec leur gonio. Ils investissent l’immeuble, saisissent le poste, mais ne trouvent pas l’opérateur » («Roger Xavier Lanteri « éléments d’histoire de Ferryville »).

 

Comme on le voit la grande histoire (qui reste à écrire) de Ferryville – Menzel Bourguiba est jalonné de multiples petites histoires, des parcours et épisodes qui lui donnent tout son relief. Des petites histoires à l’échelle des individus, il y en a eu des centaines à Ferryville comme à Menzel Bourguiba. Et à chaque fois que l’occasion se présentera je ne manquerai pas la retranscrire sur les pages de ce blog.

 

(nb : la photo n'est là que pour illustrer le thème).

 

M.D.

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Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants