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13 Apr

Le torpillage de l'Ancona le 6 novembre 1915 : Et l’on reparle du docteur Barbe et de Ferryville

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Saviez-vous que ...

Ancona-1.jpgN'yvoyez surtout aucun rapport ni avec l’actualité cinématographique (on ressort actuellement le film "Titanic", actualité oblige) ni avec le centenaire du naufrage du fameux Titanic (le 14 avril 1912). Non ! c’est simplement un clin d’œil à un événement tout aussi tragique mais qui a eu lieu en d’autres circonstances en novembre 1915 en Méditerranée. Plus qu’un simple clin d’œil cependant puisque ce tragique événement n’a pas manqué d’avoir des retombées, imprévues certes, sur Ferryville à l’époque. Je m’explique.

 

Sous le titre « le dernier voyage de l’Ancona » le site La Gazette des trésors perdus en date du 2 septembre 2007 nous apprend que la société d'archéologie commerciale Odyssey[1] a déposé une demande auprès d'un Tribunal de Floride aux Etats-Unis en vue de commencer des recherches concernant l’épave d’un navire « gisant en environ 500 mètres de fond dans les eaux internationales de la Méditerranée à environ 65 miles au sud-est de la Sardaigne ». « Un faisceau d'indices solides indique qu'une des épaves découvertes par Odyssey serait un paquebot coulé pendant la première guerre mondiale par un U-Boat allemand. En novembre 1915, la sauvagerie de l'attaque avait fait grand bruit ». Et l’article de préciser « Cette localisation restait floue, à dessein bien sûr, mais la compagnie ne cherchait sans doute pas à cacher l'identité du navire, puisque plus loin, le même document précise que le navire avait été coulé en 1915, et qu'Odyssey a remonté une "tasse à thé portant le logo de la Société de Navigation A Bapore Italia". Car les deux précisions dévoilent en fait l'identité du navire... » (cf. La Gazette des trésors perdus).

 

Que s’est-il donc passé ce 6 novembre 1915 ? Faut-il rappeler que nous sommes en pleine guerre mondiale et les batailles navales faisaient rages. L’Ancona, un paquebot qui faisait la ligne Naples-New York, faisait un arrêt au port de Messine en Sicile. Voici ce que rapporte le journal suisse Le Confédéré daté du 13 novembre 1915 « lundi, à 1h de l'après-midi, près de Capo Carbonara (Sardaigne), le steamer Ancona, allant à New-York, a été coulé par un gros sous-marin battant pavillon autrichien. Le sous-marin a tiré d'abord contre l’Ancona, puis il l'a ensuite torpillé. 142 personnes de l'équipage et des passagers, dont plusieurs blessés, sont arrivées--à Rome et sont soignées avec empressement à l’hôpital maritime. On espère que d'autres chaloupes se sont dirigées vers d'autres localités » Jusque là rien de très nouveau à l’horizon si ce n’est que … « Le transatlantique Ancona se dirigeait sur Bizerte, en Tunisie, pour y faire escale. Il était parti de Messine vendredi passé. Il avait à bord 412 passagers, pour la plupart émigrants de la Vénétie et des Pouilles. Son équipage comportait 160 personnes. Le submersible autrichien tira sur lui une centaine de coups de canon, puis le torpilla. L'équipage eut le temps de mettre à l'eau les chaloupes, mais le sous-marin, sans tenir compte des passagers inoffensifs, parmi lesquels de nombreuses femmes, sans aider au sauvetage, continua sa canonnade ».

 

Voilà donc que l’Ancona se dirigeait vers Bizerte pour y faire une escale. Information intéressante qui nous apprend que les paquebots italiens transportant des voyageurs vers l’Amérique faisaient vraisemblablement régulièrement escale  sur les côtes tunisiennes et notamment à Bizerte. Ils devaient sans doute longer les côtes maghrébines jusqu’au détroit de Gibraltar pour rejoindre l’Atlantique. Cela semble logique.

 

Mais la seconde information que nous livre le journal suisse Le Confédéré  sur cette tragédie c’est que « Avant de couler à pic, l’Ancona put radiographier appelant au secours. La station de Bizerte recueillit ce suprême appel et envoya des chaloupes de secours, lesquelles sauvèrent 160 passagers et 10 marins, qui furent transportés à Ferryville, où ils furent soignés par le docteur Barbe et le vice-consul italien Maffei ». Dix marins de l’Ancona furent donc envoyés à l’hôpital de Ferryville pour y être soignés par le docteur Barbe. Chacun se souvient sans doute du docteur Barbe à qui avait été confié la charge de l’hôpital « Temporaire N°2 » qui avait accueilli les réfugiés serbes en 1915 (ici). Est-ce dans ce même hôpital temporaire que furent soignés les blessés de l’équipage de l’Ancona ?

 

La réponse importe peu à vrai dire l’essentiel est que les hôpitaux de Ferryville - qu’il s’agisse de l’hôpital maritime inauguré en 1905, du temporaire N°1 ou du Temporaire N°2 construit en 1915 – ont été d’un grand secours pour de nombreuses victimes de guerres et qu’ils avaient un rôle important dans le dispositif stratégique de l’empire français.

 

Mohsen Dridi

 

[1] Il s’agit là d’une société dont l’activité est la recherche d’épaves de bateaux et surtout de trésors. La compagnie d'archéologie nautique commerciale a d’ailleurs annoncé le 28 juin son entrée à la cote au NASDAQ de New York. C’est dire si c’est une affaire rentable.

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M
Moshen, un vrai chercheur . Interessant. on imagine pas aujourd'hui l'autriche avec des sous marins !! sa géographie à bien changé depuis la guerre de 14/18,évidemment, ainsi que la sauvagerie qui<br /> pouvait exister.
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