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12 Mar

La grève de février 1919 : la première grève de l’histoire de l’arsenal de Ferryville

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

grèveSous le titre « Réunion en plein air des ouvriers grévistes de l'Arsenal de Sidi-Abdallah, de Bizerte » l’hebdomadaire l’Afrique du Nord Illustrée de ce 15 mars 1919 nous décrit ci-dessous les raisons et les conditions de cette grève. Nous sommes en 1919 au sortir de la guerre et le mouvement syndical qui avait été mis en veilleuse va connaître un nouvel essor. Le syndicat des travailleurs réunis du port militaire de Bizerte qui avait été constitué une dizaine d’année plus tôt va se réactiver en 1919. La grève des 25 et 26 février est pour ainsi dire la première grève dans l’histoire de l’arsenal de Ferryville qui avait été déclenchée pour protester contre les sanctions visant des syndicalistes prises par la direction de l’arsenal. Il semble que cette grève s’étala jusqu’au 5 mars 1919. D’ailleurs et dans leur enthousiasme les ouvriers de l’arsenal ont fêté avec un grand cortège le 1er mai dans les rues de Ferryville qui a réuni plus de six cents ouvriers  défilant avec des drapeaux rouges (cf. H.R. Hamza : Dualité ethnique et mouvement ouvrier en société coloniale). Il est intéressant de voir sur la photo les ouvriers de l’arsenal en assemblée générale en pensant que ce cliché représente la première grève de l’histoire de l’arsenal de Ferryville.

 

Mohsen Dridi

 

 

« Réunion en plein air des ouvriers grévistes de l'Arsenal de Sidi-Abdallah, de Bizerte 

UNE GRÈVE A L'ARSENAL DE SIDI-ABDALLAH

 

Les ouvriers de l'arsenal Sidi-Abdallah sont en grève depuis le vingt-cinq février.

Voici quelles sont, les circonstances qui, selon les renseignements recueillis au syndicat des ouvriers

du port ont entraîné cette grève.

Il y a un mois, arrivait en Tunisie, un agent technique de Lorient, détaché à l'arsenal de Sidi-Abdallah.

Dès son entrée en fonctions, cet agent, se signalait par uni! sévérité excessive, molestant les ouvriers mal habitués à cette manière peu française. Il y eut, d'abord, quelques manifestations d'antipathie. Le personnel de l'arsenal reconduisit un jour jusque chez lui le Chef indésirable en le huant.

L'agent technique porta plainte au Directeur des constructions navales et, alors que l'on croyait celte

affaire oubliée, sept ouvriers étaient frappés pour avoir participé à cette manifestation.

Le syndicat, convoqué en une réunion générale, porta le débat devant, les autorités maritimes qui

refusèrent d'entendre les ouvriers punis et les témoins à décharge.

C'est alors que la grève fut décidée pour l'après- midi du 25 la matinée du 26 février.

Les autorités firent appel à la force armée, les ouvriers quittèrent leur travail.

Le 2 mars, le Résident général reçut MM. Malivin, du Bône-Guelma ; Vallet, de l'Enseignement ; Lapidi, des Postes et Télégraphes, et Garel, de la Compagnie des Chemins de fer Sfax-Gafsa qui l'ont entretenu de la situation.

M. Flandin a autorisé ces délégués de l'Union syndicale à se rendre à Ferryville pour tenter d'apaiser

les ouvriers et de résoudre le conflit.

Ces messieurs eurent, le 3 mars, une entrevue avec l'amiral Barthe et l'amiral Darriens, préfet maritime.

Le résultat de ces entretiens, communiqué à l'assemblée générale, aux ouvriers de l'arsenal, ne satisfit point ceux-ci qui décidèrent, à l'unanimité, de continuer la grève et de faire appel à la solidarité intersyndicale.

Le mercredi 5 mars, les délégués ont été reçus de nouveau à l'Amirauté par le Préfet maritime ».

 

Cf. Gallica.bnf : L’Afrique du nord illustré du 15 mars 1919

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