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16 Feb

L’hôpital Temporaire N°2 enfin identifié !

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

hopital.jpg« Mais où se situait l’hôpital N°2 ? ». Telle était la question qui me taraudait l’esprit, dans un précédent papier (ici), au sujet des réfugiés serbes et du Dr Etienne Barbe à qui l’on avait confié avant 1915, la construction de l’hôpital N°2 et qui en était d’ailleurs le médecin-chef. « En 1915, Médecin Principal, il est nommé à Bizerte où sa famille le rejoint. Il reçoit pour mission de créer et diriger une extension de l’hôpital militaire de Sidi-Abdallah destinée à recevoir de nombreux blessés des combats des Balkans et surtout des milliers de réfugiés civils et militaires serbes ». Cette extension était plus connue par les ferryvillois sous le nom de Temporaire, disons plutôt qu’ils connaissaient surtout la plage dite des Temporaires ou du Temporaire. En fait et je comprends un peu mieux, aujourd’hui, le sens du pluriel utilisé (plage des Temporaires) et surtout sa localisation puisque, si ma mémoire ne me trahie pas, c’est cette place qui se situe entre le stade des apprentis et le mur d’enceinte de l’arsenal juste après la porte de Bizerte. Et cette indication ne m’a sauté aux yeux qu’en faisant un recoupement avec d’autres informations. Et des informations provenant d’une source dont la fiabilité ne fait, pour moi, aucun doute.

 

Je m’explique.

On connaissait le Temporaire N°1, cette première extension qui avait été construite en face de l’entrée de l’hôpital maritime et qui servira aussi bien pour les blessés de la première guerre de 14-18 que ceux de l’expédition des Dardanelles en 1915[1]. Mais pour ce qui concerne le temporaire N°2 la question de son emplacement restait pour moi un mystère. Et je terminais l’article de l’époque, dont le sujet, je le rappelle, n’était pas le temporaire mais les réfugiés serbes[2], je terminais donc l’article par un NB « Cela étant, je ne sais toujours pas où se trouve cette extension ».

 

texte-temporaire.JPGMais comme à chaque fois le hasard fait bien les choses. Oui car voilà quelques mois, alors que j’avais un peu oublié cette affaire, je reçus un message important et qui, je dois le dire, me fis doublement plaisir. D’une part, et ce fut ma première surprise, le message en question m’avait été envoyé par l’un des petits-enfants du docteur Etienne Barbe lui-même. Mais c’est le contenu du message qui m’a également fait plaisir d’autant que je me trouvais là avec des indications précieuses puisqu’elles me permettaient de situer, enfin, l’emplacement du Temporaire N°2. Voilà ce que m’écrit mon correspondant que je vous livre tel quel : « Je viens par hasard de lire votre récit très intéressant sur l'hôpital N°2 de Sidi-Abdallah et constaté la présence de la photo de nous grands-parents Etienne Barbe et son épouse.Photo que j'ai du vous faire parvenir à l'époque. Je remarque votre NB où vous indiquez ne pas savoir où se trouvait  cette extension ». Mais le plus intéressant sont les lignes qui suivent : « L'historique en ma possession est assez difficile à lire mais je peux tout de même vous donner quelques précisions. '' Situation générale ; Il est situé sur le bord sud du lac de Bizerte, à l'écart non seulement de Ferryville qui est relativement loin, mais des autres hôpitaux maritimes. Il est séparé de l'hôpital permanent par des jardins de la Pépinière ; à l'Est il est séparé de l'Arsenal par un grand champs d'oliviers ; à l'Ouest, il confine à la Pyrotechnie ; au Nord, c'est le lac. Cet hôpital est donc à l'écart des agglomérations principales tout comme la Pyrotechnie , c'est à dire que sa situation le désigne pour être un hôpital de contagieux '' .Texte du Docteur Etienne Barbe , notre grand-père . Avec ces indications j'espère avoir satisfait votre inquiétude géographique ... Bien à vous ».

 

plan-temporaire.JPGJe disais plus haut que je comprends mieux le fait que l’on parlait alors « des Temporaires » sous-entendu un espace qui était destiné à une population pour une durée limitée dans le temps. C’était cependant un espace de vie puisqu’il y avait non seulement des salles pour les blessés et les malades, mais également pour les infirmiers et les soldats. Il y avait également des lavoirs-séchoirs (comme ceux qui existaient à l’intérieur de l’enceinte du Slom, où était le temporaire N°1), un espace jeu de pétanques, etc. Mais ce qui est important aussi c’est que le document nous permet de mieux situer d’une manière assez précise l’emplacement de cet hôpital temporaire N°2 : Il est situé sur le bord sud du lac de Bizerte (…). Il est séparé de l'hôpital permanent par des jardins de la Pépinière (la pépinière, pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est cet espace qui longe l’hôpital et qui fait le coin pour joindre la route de Guengla) ; à l'est il est séparé de l'Arsenal par un grand champs d'oliviers ; à l'ouest , il confine à la Pyrotechnie ; au Nord , c'est le lac . … . C’est on ne peut plus clair et, comme on dit, il n’y a pas photo. D’ailleurs j’ai pu faire une comparaison avec le plan que l’on peut voir sur l’excellent site de Bizerte et région.com (ici) et qui recoupe les données sur lequel je me suis basé pour ce papier. 

Voilà enfin le voile sur le mystère du Temporaire N°2 levé.

 

Un grand merci à monsieur G. Queyroi qui a eu l’amabilité et la gentillesse de m’envoyer ces informations et les documents photos qui m’ont aidé à faire ce papier.

 

Mohsen Dridi



[1] "Sidi-Abdallah près de Ferryville (Tunisie) le 7.12.1915. Ainsi que je le pensais nous avons débarqué hier soir sur la côte tunisienne à 28 km de Bizerte. Nous terminerons notre convalescence ici (13 jours environ avant de rentrer en France). Le pays est ravissant. Rien que de la verdure et des fleurs. Il fait un temps printanier.

 A bientôt et bons baisers. R. Rozier Demain je t'écrirai plus longuement. Hôpital temporaire N°1 Salle 42 Sidi-Abdallah par Ferryville (Tunisie) PS : les lettres mettent 8 à 10 jours aller et retour."

http://francois.rozier.pagesperso-orange.fr/rouzierallege/1957.htm

 

[2] 16 000 blessés serbes avaient ainsi été acheminés vers l’hôpital maritime de Ferryville (vraisemblablement le temporaire N°2).

 

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