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12 Dec

Joseph Décoret, l’homme aux multiples talents

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires

decoret-viande1.JPGSous le titre « la colonisation en Tunisie ?? » la revue « Le Cultivateur aveyronnais » en date du 16 juillet 1899

retrace, à sa manière, les débuts difficiles de Joseph Décoret. Et la revue nous le présente sous un jour nouveau donnant ainsi encore plus de couleurs à notre incroyable et énigmatique personnage. On connaissait Joseph Décoret fondateur de Ferryville, mais voilà que, selon la revue, Joseph Décoret se proposait de construire une fabrique de conserves de viandes afin de contribuer « à la prospérité de Ferryville mais aussi à celui de l’industrie de l’élevage en Tunisie ». Décidément voilà un Joseph Décoret aux multiples talents. Sommes-nous seulement au bout de nos peines ou faut-il nous attendre à de nouvelles découvertes ?

 

M.D.

 

 


 

 

 

 

 

 Le Cultivateur aveyronnais

« La colonisation en Tunisie. ??

 

« On dit que le français n'est pas colonisateur ; cela est faux et cela est vrai suivant le point de vue auquel on se place. Rien n'est plus faux si l'on prétend que le français, pris individuellement, manque de l'initiative et de diverses qualités nécessaires pour faire œuvre durable de colon, rien n'est malheureusement plus vrai si l'on entend par là que l'administration française, ,sauf de trop rares exceptions, semble prendre a lâche d'entraver la colonisation en décourageant les initiatives privées en neutralisant les plus méritants efforts. L'administration de la guerre, qui est de beaucoup la plus routinière de celles que l'Europe ne nous envie plus depuis longtemps, vient d'en donner un frappant exemple en Tunisie : Au fond du lac de Bizerte, auprès du nouvel arsenal que construit la France, une ville nouvelle vient de naître qui a reçu le nom de Ferry-ville. Cette création est due à l'initiative féconde d'un de nos colons les plus entreprenants : M. Decoret.

 

Notre compatriote qui connaît à fond le pays, ses besoins et ses ressources, se proposait de construire une fabrique de conserves de viandes, qui non seulement contribuerait à la prospérité de Ferry ville mais aussi à celui de l'industrie de l'élevage en Tunisie; elle devait offrir, en outre, de réels avantages au corps d'occupation qui trouverait ainsi sur place, les approvisionnements dont il aurait besoin. Le gouvernement tunisien mis au courant des projets de M. Decoret s'y montra très favorable, il l'encouragea vivement à les mettre à exécution, offrant de lui accorder toutes les facilités qui dépendraient de lui.

 

Fort de cet appui , M. Decoret se tourna vers l'administration de la guerre et lui demanda de lui prêter un con-

cours, qui, dans tout autre pays que le nôtre lui eût été acquis d'avance. Les bureaux, saisis de sa demande de fourniture de viande de conserve au corps d'occupation, ne voulurent rien savoir et lui opposèrent un refus formel, sous le fallacieux prétexte qu'ils ne pouvaient passer avec lui un marché de gré à gré; cependant aucun texte n'oblige l'administration à appliquer en Tunisie le régime qu'elle applique en France pour ses marchés.

 

La véritable cause de cet injustifiable et regrettable refus paraît être que la trop routinière administration de la

guerre mise en face d'une demande qui troublait ses habitudes l'a écartée sans examen pour ne pas avoir à l'étudier, sans souci des grands intérêts qu'elle allait ainsi compromettre, à moins toutefois que quelque fournisseur influent n'ait pris ombrage de ce projet et n'ait fait partager son hostilité intéressée aux bureaux compétents. Ferry-ville et l'agriculture tunisienne n'auront donc pas leur fabrique de conserves de viandes, de par la paresse ou l'hostilité des bureaux de la guerre. Il nous a paru nécessaire de signaler ces regrettables errements ».

 

Cf. Le Cultivateur aveyronnais le 16 juillet 1899 Gallica.bnf

 

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