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03 Apr

Facebook est une « chose » curieuse et fascinante à la fois et plus même si …

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Chroniques sociales et politiques

facebook3.jpegFacebook est une « chose » curieuse et fascinante à la fois. J’avoue que je n’ai vraiment commencé à m’y brancher que récemment. A peine quelques mois. Sans y être cependant « accroc ». On parle de réseaux sociaux, de « démocratie directe », d’échanges horizontaux entre les gens, sous-entendu sans intermédiaires …etc. Il y a un peu de tout cela incontestablement. Facebook une « chose » curieuse, fascinante et néanmoins  incontrôlable. A manier donc (je parle pour moi évidemment) avec beaucoup de modération et surtout de vigilance. Et je parle en connaissance de cause même si je reste encore un novice en la matière.

 

Car figurez-vous qu’un jour, comme tous les jours maintenant que j’ai ouvert, sur les conseils de certains amis, une page facebook , voilà donc que je tombe sur une information, ou plutôt une vidéo montrant des violences de rue, la nuit, où l’on distingue des incendies. Puis des coups de feu dans le tohu-bohu des silhouettes de manifestants et des cris de « Allah Akbar » …. Au fait je précise que la page que j’ai ouvert est une des nombreuses pages sur « Menzel Bourguiba ». Intrigué et quelque part un peu inquiet. J’ai d’abord pensé à La Libye ? A moins que ce ne soit le Yémen ? Le Bahreïn ? Ou que sais-je encore, un peu blasé, je l’avoue, tant ces scènes sont devenues monnaie courante dans notre quotidien. Et puis non, même dans l’obscurité je ne pouvais pas ne pas penser à Menzel Bourguiba. De plus en plus inquiet, car après ce qui s’est passé à l’usine JAL ces jours derniers (du moins d’après ce qu’en ont rapporté les médias) j’ai tout de suite pensé que la situation s’est peut-être dégradée et pire encore... Diable, Menzel n’avait vraiment pas besoin de « ça ».

 

Et pourtant plus je regardais ces images plus j’avais l’impression d’un « déjà vu ». « Bon sang, mais c’est bien sur » c’est effectivement du déjà vu. Il s’agit en réalité d’une vidéo tournée lors des évènements du 12 ou 13 janvier 2011 à Menzel. Mais que pouvais bien faire cette vidéo en ce mois de mars 2011 sur cette page ? Quelques reconstitutions rapides me font remonter à la source et comprendre que cette vidéo (datée du 8 mars) est un « partage » qui date du 25 février elle-même ayant subie un premier « partage » datant de janvier 2011.   Ouf, me voilà un peu « rassuré ». Je quitte cette vidéo et je passe et passe à autre chose en me disant qu’à l’avenir j’ai tout intérêt à être plus vigilant. Rassuré ? Pas tout à fait !

 

Facebook, comme je vous le disais, est une « chose » curieuse et fascinante à la fois. Après un temps je peux ajouter qu’elle peut également être dangereusement manipulatrice. On dit que facebook  est un réseau social qui nous permet de vivre presque « en direct » et « en temps réel » les évènements. L’histoire se déroulerait en direct sous nos yeux. Plus besoin d’historiens, plus besoins de journalistes, plus besoin de politiques. Bref plus besoin d’intermédiaires entre les évènements, les faits et nous. Nous sommes mêmes, quelque part, DANS l’évènement. Peu importe où et quand celui-ci se déroule, dans quelle contrée lointaine il a lieu. Nous en sommes partie prenante de cet évènement et de cette histoire. On peut même y participer en « partageant » des images, des vidéos et des informations. Formidable, non ? Formidable, sans doute, mais nous voilà sur un terrain dangereusement glissant et à la limite de la manipulation. On peut tout faire dire à n’importe quel évènement, ou plutôt au support et moyen (vidéo, photos …) qui prétend décrire cet évènement, tout et n’importe quoi y compris parfois son contraire. Et encore je ne parle ici que de cette fameuse et surprenante fonction « partager » que nous offre facebook. Il y a pire paraît-il en terme de manipulations des photos ou vidéo. Vous savez bien quand on ne prend pas suffisamment de recul vis-à-vis des images (et des supports d’information en général d’ailleurs) lesquelles, une fois sorties de leurs contextes …

 

Mais il est vrai que ces manipulations ne datent pas d’aujourd’hui. Rien de bien nouveau pour tout dire. Tous les régimes dictatoriaux ou totalitaires ont eu recours à ces méthodes. Les démocraties qui ne sont pas en reste, utilisent, quant à elles, des méthodes beaucoup plus sophistiquées. La médiacratie grignotant petit à petit les espaces de la démocratie. Et je ne veux pas du tout dire qu’il y a, dans facebook, forcément et volontairement manipulation.

 

Mais c’est une autre affaire. Et je ne vais pas me lancer ici dans une analyse et une critique de ces méthodes. J’en suis incapable tant la sophistication dans la manipulation a atteint des sommets.

Heureusement qu’en face, les téléspectateurs, redevenus citoyens, et la société civile dans les pays européen, essayent de faire de la résistance, jouent leur rôle de contre-pouvoir et tentent de créer à leur tour les outils d’analyses et les moyens de ne pas se laisser abuser, mettant sur pied de véritables  outils et grilles de lecture permettant de distinguer, ne serait-ce qu’un peu, le vrai du faux. Pour cela il faut surtout avoir un esprit critique et une formation minimale pour décortiquer le flot extraordinaire d’informations et d’images que nous subissons quotidiennement à travers la presse écrite et surtout les médias audiovisuels. Mais même dans ce cas nous sommes loin d’être à armes égales.

 

Mais que dire alors des réseaux sociaux ?

Facebook est une « chose » curieuse, fascinante et néanmoins potentiellement dangereuse parfois. Je donne l’impression d’être frileux et quelque peu « ringard » devant un phénomène incontrôlable. Je ne suis plus dans la course. Il est à parier que les gens à l’époque de l’imprimerie naissante avec Gutenberg et de la presse devaient également se poser les mêmes questions.  De même que lors de l’apparition de la radio. Quant à la télévision on débat encore, dans les pays occidentaux, des conséquences de ce « nouveau » média. Que dire alors de facebook, twitter … et tous les réseaux sociaux.

 

C’est dire la difficulté dans les sociétés et les pays non démocratiques ou même comme en Tunisie où la démocratie et la liberté de la presse pointent à peine le bout de leur nez. Les réseaux sociaux, les téléphones portables, internet, les blogs … ont admirablement accompagné les révoltes et les révolutions dans plusieurs pays arabes. C’est les « baraha » (vous savez ces crieurs, comme au Moyen âge en Europe, pour annoncer les nouvelles) mais combiné à l’informatique et aux technologies de l’information. Mais sommes-nous préparés et suffisamment armés pour ne pas nous laisser abuser et manipuler ? Voire même simplement pour comprendre la teneur d’une information, d’une image ?

 

De toute façon en Tunisie nous sommes entrés de plain pied dans un processus avec une accélération de l’histoire ce qui signifie que nous allons bâtir, en quelques temps, si tout se passe bien, les fondations d’une démocratie qui demandent, en temps ordinaire, des décennies et parfois plus. Comme cette idée d’accélération de l’espace-temps dans les romans de science-fiction ou comme les films de Charlie Chaplin tournés en 16 images/s et que l’on passe en 24 images/s. Nous allons devoir inventer les outils politiques, institutionnels de la démocratie. Il nous faudra penser aussi aux outils culturels et pédagogiques qui doivent les accompagner. En un mot, en tant qu’individu et société civile, nous devons apprendre à construire notre citoyenneté et à ne pas laisser quiconque nous en déposséder. Et c’est probablement le plus difficile à faire et à pérenniser. A commencé par apprendre à « lire », avec un esprit critique, les informations que l’on nous adresse de partout : celles du pouvoir, des partis et mouvements de la société civile, celles de la presse et des médias audiovisuels, celles de facebook, twitter et des réseaux sociaux …etc. Essayons par exemple de mesurer le temps réel que nous passons à surfer sur le flot d’informations et, au contraire, celui passé à lire celles qui nous intéressent vraiment ?

Peut-être faudra-t-il créer les espaces et lieux de formation pour une lecture critique de tous ces médias et surtout les réseaux sociaux.

 

Facebook est une « chose » curieuse et fascinante à la fois. Importante aussi, on l’a vu, quand les gens, pardon les « amis », sont des connaissances réelles et non virtuelles, des êtres humains quoi, que l’on peut identifier et avec lesquels on établi des rapports fondés sur la confiance et sur la proximité des valeurs et des causes. Oui alors facebook peut être un moyen formidable pour échanger, créer des solidarités, initier et défendre des causes … Les exemples à Menzel Bourguiba Ferryville ne manquent pas pour aller dans ce sens et avec cet esprit. En bref tant que nous sommes dans un cercle identifiable les choses vont plutôt bien même s’il peut y avoir ici et là parfois des ratés. Au-delà de ce cercle la vigilance s’impose.

 

Pour revenir à mes pages facebook, la mienne comme du reste celles que je visite quotidiennement. Je dois dire que je me suis fixé une règle. Dès que je vois affiché sur mon « mur » des textes et autres qui ne me plaisent pas (je parle au regard des valeurs et de l’éthique qui sont les miennes ce qui n’a évidemment rien à voir avec une quelconque censure) je les efface tout simplement. Cela me prend beaucoup de temps mais je me fais un point d’honneur à maintenir cette vigilance car je ne suis pas le seul à les lire et à y écrire. Et même là il arrive que des choses m’échappent. Il arrive aussi que j’efface des informations qui ne méritent peut-être pas de l’être. Nul n’est parfait n’est-ce pas.

 

Bref j’aime bien facebook, mais je visite également en y consacrant plus de temps les divers blogs qui, débarrassés de ce cher « Ammar 404 » sont devenu aujourd’hui des espaces de réflexion intéressants. Je reste aussi très attaché, sans doute mon côté vieux chnok, à la presse écrite, même si je la « feuillète » parfois sur le web. Et heureusement en Tunisie celle-ci semble reprendre de la couleur et du contenu. Et redécouvre du même coup un public avide de réelles informations. Comme quoi rien n’est perdu. Cela étant dit rien ne vous empêche de lire ce papier sur la page facebook.

 

Mohsen Dridi

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M
<br /> comme tout cela est vrai et peut être inquiétant<br /> <br /> <br />
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