Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 Jan

Après les assises, le bilan !

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Vie associative-Citoyenneté, #immigration

affich.jpgFaire le bilan des « Assises de l’immigration et des Tunisien-nes à l’étranger » est un impératif pour tous. Celles et ceux qui ont organisé cette initiative, évidemment, celles et ceux qui y ont participé, celles et ceux qui souhaitaient y participer mais n’ont pas pu le faire, mais cela intéresse également toutes celles et tous ceux qui n’y étaient pas favorables ou qui étaient engagés dans d’autres initiatives et d’autres structures. En réalité tous les Tunisien-nes y sont, à des degrés divers, attentifs. La réunion du 21 janvier est une première étape.

Genèse des assises

Rappelons que l’idée de tenir les assises est venue avec la révolution. Les initiateurs sont des militant-es issus des associations de l’immigration tunisienne, lesquelles existent depuis des décennies et agissent dans le cadre de la loi française 1901 sur les associations. Durant des décennies ces associations ont participé et accompagné les différents mouvements sociaux pour la défense des droits des étrangers et/ou immigrés en général et, pour ce qui les concerne plus spécifiquement, la défense des Tunisien-nes résidant et travaillant en France. L’essentiel de leurs activités concernait l’accompagnement des personnes et la sensibilisation et la mobilisation contre les discriminations, le racisme et les atteintes aux droits des personnes. Mais l’existence même de ces associations, en tant qu’associations tunisiennes, témoignent, s’il en est besoin, de leurs soucis de maintenir le lien et l’attachement des Tunisien-nes de France à leur pays d’origine et à leurs cultures. L’une des dimensions importantes de cet attachement a été et continue d’être la question du respect des droits de l’homme et de la démocratie en Tunisie. Et ce positionnement les a, d’emblée, place dans une situation conflictuelle avec l’administration et les représentants de l’Etat et du pouvoir en Tunisie. Non seulement en Tunisie mais également dans les pays d’immigration puisque les ambassades et les consulats tunisiens, sans oublier toutes les structures sous leurs contrôles (OTE, RTTF, cellules du RCD, amicales … de toutes sortes) n’avaient de cessent d’empêcher et de briser (par le contrôle bureaucratique, l’intimidation, le clientélisme et, quant cela ne suffisait pas, par la répression) tout contact entre ces associations et la communauté tunisienne.

La volonté de regrouper et rassembler les associations de Tunisien-nes en France et au-delà en Europe était une préoccupation permanente et ancienne des militant-es. Ce qui faisait la force de ces associations - malgré leur faiblesse numérique au niveau militant-es et adhérent-es - c’était également leur implantation dans les réseaux, démocratiques et militants, de la société civile en France et en Europe. L’explication est que, le plus simplement du monde, la société civile de ces pays d’accueil et les associations démocratiques de migrants partageaient les mêmes valeurs fondées sur les droits de l’homme, l’égalité de traitement, quelle que soit la nationalité, le genre, l’origine, les croyances … En clair nous partagions une même éthique, pour ici comme pour là-bas. Ce n’est pas seulement le résultat d’un lobbying mais celui d’un long travail, en commun et au quotidien, aussi bien sur les questions relatives à la Tunisie, au Maghreb, la Palestine … mais aussi celles, ici même en France, de l’égalité des droits et les questions sociétales et sur lesquelles nous étions, français et étrangers, solidairement engagés. Et nous avons appris les uns des autres.

La défense des droits de l’homme en Tunisie au cours de ces décennies a permis à ces associations de tisser des liens très intenses avec les membres et les organisations de la société civile, qui affrontaient, comme chacun le sait, les pires exactions de la part du pouvoir en Tunisie. Ce n’est donc pas un simple fait du hasard que les associations ont été en première ligne à chaque fois que les atteintes aux droits de l’homme ont été signalées pour apporter leurs soutiens aux victimes de la répression : la grève générale du 26 janvier 1978, les émeutes du pain en 1984, jusqu’au mouvement du bassin minier en 2008, …

C’est ce qui explique que lorsque la révolte de Sidi-Bouzid éclate, en décembre 2010, il apparaît tout à fait naturel que les militant-es de ces associations se mobilisent. Et que tout au long des mois de décembre 2010 et janvier 2011 la mobilisation était devenue quasi-quotidienne en France et dans de nombreux pays du monde. Et les associations (FTCR, ADTF ex-ATF-Paris, UTIT, ATF, CRLDHT …) ont été parmi les principaux animateurs des rassemblements qui ont eu lieu à Paris et ailleurs. De nombreux comités, collectifs … se sont dès lors constitués en soutien à la révolution.

C’est dans ce contexte qu’est née l’idée des assises de l’immigration. Et il était naturel que les associations s’impliquent dans une telle dynamique. Surtout si l’on considère que l’entrave principale qui a longtemps empêché, dans le passé, tout regroupement des Tunisien-nes semblait levée.


La dynamique des assises et leurs objectifs : quel bilan ?

L’idée des assises de l’immigration a donc été lancée dès le mois de janvier-février 2011. Parmi les objectifs fixés : Regrouper le maximum possible d’associations, de mouvements et de comités de Tunisien-es à l’étranger ; réfléchir ensemble à la rédaction d’un cahier de doléances qui serait remis aux autorités tunisiennes ; sensibiliser l’opinion et la société civile en Tunisie à la question de l’immigration.

Rassembler les Tunisien-nes et les associations, cet objectif a été atteint, même si on peut et on doit regretter que certaines associations étaient absentes des assises. Avec prés de 250 personnes, une soixantaine d’associations, de comités et collectifs de Tunisien-nes, venant de Belgique, d’Italie, du Canada, de Suède, de Suisse, de Tunisie et de France, cela n’était jamais arrivé auparavant. On peut et on doit également regretter, que jusque là, nous n’avons pas réussi à mettre en place une structuration de suivi plus équilibrée et représentative des différentes régions, pays et sensibilités, générations et surtout genres. Est-ce un manque de volonté politique, une question de moyens … ? C’est là, quoi qu’il en soit, une question qui devra être, sinon définitivement tranchée, en tout cas abordée et sérieusement traitée à l’avenir.

Le cahier de doléances qui a été rédigé, discuté, amendé et finalement approuvé reprend toutes les  revendications et répond à toutes les aspirations – et même au-delà – des Tunisien-nes. On peut reprocher au document un manque de hiérarchisation dans les revendications, un excès de détails dans certaines revendications et, sans doute, à l’inverse, un manque de clarification pour d’autres … Tout cela est vrai mais nous avons là un document-programme dont le contenu va servir de base à toutes nos démarches et nos actions futures. Nos démarches et actions, certes, mais également celles de toux ceux qui voudront intervenir sur les questions des droits des Tunisien-nes à l’étranger vis à vis des autorités tunisiennes. On peut même considérer que le cahier de doléances n’est plus seulement la propriété des assises !

Médiatiser le cahier de doléances, sensibiliser la société civile en Tunisie et ouvrir les discussions et les négociations avec les autorités tunisiennes sur nos revendications, cela également doit être considéré comme un objectif largement atteint ! En effet toutes les autorités, institutions, interlocuteurs … concernées par la question des Tunisien-nes à l’étranger ont été interpellés. La presse s’en est largement fait échos. La société civile sensibilisée. Il est heureux et essentiel, que des mouvements de la société civile en Tunisie se mobilisent et s’organisent autour de la question de l’émigration et du sort des harragas disparus (Comme le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux ou le Centre de Tunis pour la migration et l’asile).  Mieux, rares sont ceux parmi les partis politiques ou les listes qui se sont engagés dans la campagne électorale pour la Constituante qui n’aient repris, parfois même intégralement, les revendications du cahier de doléances.


Les enjeux d’aujourd’hui

Faire le bilan des assises est un impératif. Mais faire un bilan pour le bilan, en soi, n’a pas beaucoup de signification. Un bilan n’a vraiment de sens qu’au regard de l’avenir et pour en tirer les enseignements.

Sans la révolution les assises n’auraient vraisemblablement pas eu lieu. Enfin disons qu’elles n’auraient pu avoir lieu avec la vision et les objectifs fixés. En effet la révolution a clairement posé de nouvelles conditions et des opportunités inexistantes auparavant. Des exigences également. Parmi celles-ci, apprendre ou réapprendre à discuter avec les autorités et l’Etat, en tant qu’interlocuteur neutre et attentif. En fait voilà venu le moment de mettre en application l’une de nos revendications récurrentes à savoir la séparation entre les ambassades, les consulats et les services consulaires d’une part et les partis politiques de l’autre. Réaffirmer le principe que la représentation tunisienne à l’étranger doit être au service de tous les Tunisien-nes sans exclusive. Ce qui signifie clairement que l’état et l’administration doivent, eux également, apprendre ou réapprendre cette attitude de neutralité vis à vis des associations de Tunisien-nes à l’étranger.

Par exemple les partis politiques au pouvoir, s’appuyant sur les moyens de l’Etat, ne doivent plus chercher à créer et instrumentaliser, dans les différents pays de résidence, des structures et des associations en entretenant les comportements clientélistes, à l’instar de la pratique qui avait cours sous les régimes précédents et surtout avec le RCD. L’Etat tunisien, se doit de donner l’exemple en favorisant les conditions les meilleurs - dans la transparence et  dans le respect de l’Etat de droit – pour un dialogue et une concertation avec les associations de Tunisien-nes à l’étranger.

Pour éviter les polémiques inutiles sur la légitimité de telle ou telle association, le critère qui, à mon sens, doit être retenu est celui de la stricte légalité de ces associations au regard des législations respectives des pays où elles existent. J’ajouterai, ici, deux autres critères ou plutôt deux principes de base : 1/ le caractère volontaire, individuelle et non discriminatoire en matière d’adhésion dans ces associations ; 2/ le refus de tous comportements d’exclusion en raison de la race, de la religion, de la couleur de peau, de genre, d’opinions politiques ou de croyances philosophiques ou religieuses. Bref appliquer à nous-même les principes d’égalité et de non-discrimination que nous exigeons des autres à notre égard dans les différents pays où nous vivons.
Il faudra sans doute imaginer une sorte de code éthique ou déontologique entres les associations elles-mêmes.

Pour une instance de représentation des Tunisien-nes à l’étranger

La révolution a bouleversé la donne et a donc permis et facilité la tenue des assises. Une autre donne est intervenu depuis et modifie, à nouveau, le paysage. Les élections de l’ANC (assemblée nationale constituante) ont eu lieu et permis l’avènement d’un pouvoir ayant une légitimité par les urnes. Dix neuf élu-es représentent dorénavant, dans cette ANC, les Tunisien-nes à l’étranger. Par ailleurs le nouveau gouvernement transitoire a institué un secrétariat d’Etat à l’immigration. C’est dire l’importance qu’il accorde à la question. C’est ce secrétariat qui sera dorénavant notre interlocuteur, notre vis à vis, même s’il n’est pas le seul.

La première des questions qui vient à l’esprit est celle-ci : quelle politique migratoire entend sinon élaborer et mener, à tout le moins esquisser, le nouveau gouvernement. Et surtout comment seront pris en compte les aspirations et les revendications contenues dans notre cahier de doléances. Il faudra certainement un certain temps pour que les grandes orientations de cette politique se mettent en place. Et d’ailleurs le caractère transitoire et limité dans le temps (12 à 15 mois, du moins il faut l’espérer) de ce gouvernement l’oblige à envisager des priorités et à répondre au plus urgent.

Pour autant une question doit trouver réponse assez rapidement. Qu’en sera-t-il de cette idée  d’instance de représentation des Tunisien-nes à l’étranger ? (par exemple un Conseil des résidents Tunisien-nes à l’étranger (CRTE).

Quoi qu’il en soi notre revendication de reconnaissance des associations de Tunisien-nes à l’étranger et de représentation doit être réaffirmée avec force ! Que des élu-es représentent les Tunisien-nes à l’ANC est une avancée non négligeable ! Il faudra d’ailleurs se mobiliser encore pour que cet acquis soit maintenu et pérennisé dans la future constitution et dans la nouvelle loi électorale qui suivra et appliquée lors des prochaines échéances électorales (législatives et présidentielle). Et il y a des craintes sérieuses à avoir si l’on voit l’issu du débat, à l’ANC, au sujet du fameux article 8 et de l’élection du président de la république.

Mais cela ne doit pas faire passer par perte et profit la question de l’instance de représentation, laquelle doit permettre en particulier une représentation du mouvement associatif des Tunisien-nes à l’étranger. Même si l’on part du principe que c’est l’Etat qui, en dernière instance, prend la décision et c’est à lui de gérer le suivi des dossiers les associations doivent pouvoir en discuter et jouer leur rôle d’aiguillon en amont.  Non seulement d’aiguillon mais également de contre-pouvoir critique lorsque cela est nécessaire. Cette instance sera le lieu où s’exprimera le rapport de force entre les différentes options pour poser et défendre les intérêts des Tunisien-nes à l’étranger. D’où la nécessité d’avoir une idée quant à sa nature, sa forme, son objet, sa composition, ses prérogatives …etc. Et je vois difficilement une telle instance sans la présence effective des associations de Tunisien-nes à l’étranger.


Pour un regroupement associatif de progrès

Ceci étant, chacun doit également prendre acte et comprendre que les associations de Tunisien-nes à l’étranger sont (et seront) de plus en plus nombreuses et qu’elles reflèteront tous les points de vue politiques et idéologiques non seulement de la société tunisienne mais également, d’une certaine manière, des sociétés dans lesquelles les Tunisien-nes vivent et travaillent. Et l’éventail est comme chacun le sait très large : de la gauche radicale à l’extrême-droite.

Nous avons, pour notre part, en tant que militant-es et associations, une histoire, une expérience et un savoir-faire légitimes à mettre en valeur mais sans esprit de boutique cependant et encore moins en donneur de leçons. Non pas seulement pour la mémoire, mais davantage parce que nous avons, toutes ces années, défendu des valeurs et des principes qui restent plus que jamais d’actualité : la citoyenneté, le refus des discriminations, la défense des droits humains, l’égalité des droits et de traitements, l’égalité homme – femme, la laïcité, le refus du clientélisme, du népotisme …etc.

Et tant mieux si ces valeurs sont partagées par le plus grand nombre. Or ce n’est pas le cas. Et cela ne manquera de se refléter au sein même de l’instance qui sera mise en place (si elle est mise en place). C’est dire que sur toutes les questions tant dans le processus de constitution de l’instance qu’après, lorsqu’il s’agira d’aborder les différentes questions concernant les droits des Tunisien-nes à l’étranger, ces contradictions se feront sentir. Et sur chacune des questions ou décisions à prendre le rapport de force sera déterminant.

De surcroît nous avons à faire valoir ( ou plutôt à expliquer) cette réalité concernant les Tunisien-nes qui vivent à l’étranger. Au fond, les associations de Tunisien-nes à l’étranger ne sont pas des ovni. Elles doivent simplement ne pas perdre de vue qu’elles sont avant tout des ONG (organisations non gouvernementales) et qu’elles agissent dans le cadre de la société civile, en tant que contre-pouvoir. C’est ce cadre et cette conception qui doit prévaloir. Qui plus est, faut-il rappeler cette évidence : les associations de Tunisien-nes à l’étranger ont pour cadre et champ d’intervention principal l’espace des Tunisien-nes dans les pays de résidence. Ces Tunisien-nes ont évidemment des préoccupations en direction de leur pays d’origine mais, l’essentiel de leur vie quotidienne et de leurs préoccupations relèvent du pays de résidence. Certains de ces Tunisien-nes sont là, à « l’étranger », depuis peu de temps, d’autres depuis des décennies voire de la 3ème génération ; beaucoup y sont nés et y ont grandi ; nombreux y ont fondé des familles, vivent en couples mixtes, sont des bi-nationaux … d’autres attendent de terminer leurs études ou sont avant tout préoccupés par leurs affaires, d’autres encore sont là dans la clandestinité et le dénouement (comme les harragas qui continuent de galérer) … Et toutes et tous ont un rapport direct et concret avec ce quotidien dans le pays de résidence. Problèmes de papiers, de logement, d’école et de crèches pour les enfants, d’emploi, de citoyenneté … Ils et elles sont préoccupés également et évidemment par ce qui se passent en Tunisie comme chacun a pu le constater dans les mobilisations en décembre 2010 et janvier 2011. Et ces Tunisien-nes vivent en permanence dans cette double référence et appartenance. Ils et elles vivent avec, c’est un fait, mais sans complexes. Ils sont Tunisien-nes de France, de Belgique, d’Italie, du Canada … Ils ont, avec le temps, tissés des rapports étroits avec les sociétés des pays dans lesquels ils vivent.

Partant de là je conçois mal des associations de Tunisien-nes à l’étranger n’intervenir que sur l’une ou l’autre dimension exclusivement. Elles le peuvent ponctuellement ou en raison d’un contexte et d’une situation particulière (comme ce fut le cas pour le bassin minier en 2008 ou en soutien à la révolution tunisienne). Les « vieilles » associations comme les nôtres connaissent bien cette difficulté et cette complexité dans la démarche en essayant de trouver le juste milieu entre « ici » et « là-bas ». Et toutes les nouvelles associations qui sont nées dans la dynamique du soutien à la révolution comme celles qui verront le jour demain auront à faire face à cette complexité.

Et nos associations doivent, sans complexe, faire valoir cette accumulation d’expériences et de pratiques collectives ou de travail de proximité et en réseaux avec une multitude de partenaires aussi singulier les uns que les autres (associations de Tunisien-nes diverses, associations d’immigrants de différentes nationalités, origines et cultures, ONG françaises et européennes, associations de solidarité, syndicats, partis et mouvements politiques …).

Et comme nous devrons, de toute manière, travailler ensemble en tant qu’associations de Tunisien-nes à l’étranger comme cela s’est fait dans le passé et à plus forte raison, demain, au sein de cette instance, il nous faudra bien accepter nos différences. Et, dans cette instance, il faudra, par moment, se compter aussi. Le rapport de force c’est, certes, le nombre de voix au sein de l’instance mais également la capacité à argumenter, à proposer et à convaincre.

Et pour ce faire, il nous faut un minimum de cohérence dans notre démarche. C’est pour cela que je propose que les associations autonomes (autonomes des partis et du gouvernement), démocratiques (au sens où il y a respect dans le fonctionnement et les prise de décisions, principe de l'adhésion individuelle …) et progressistes (qui partagent les valeurs et les principes citées plus haut) puissent se regrouper sous un même label et autour d’une charte des valeurs et principes et de déontologie à faire prévaloir dans les différentes étapes et discussions avec les autorités ou au sein même de l’instance qui sera mise en place.

Mohsen Dridi
Le 27 décembre 2011








Commenter cet article

Archives

À propos

Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants