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02 Aug

MUNICIPALES 2020 DANS LE 9-3 ET LES ELU(E)S « ISSUS DE L’IMMIGRATION » (fin)

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Chroniques sociales et politiques, #"Humeurs", #immigration

A signaler que sur l’ensemble des 40 communes il y a eu 19 villes où les élus l’ont été dès le premier tour. Et que sur ces 19 communes, 13 ont été remportées par la Droite et 6 par la Gauche.

Le constat qui apparaît c’est que dans les communes où il y a eu de nombreuses listes de gauche cela s’est traduit dans les résultats par un recul de la gauche. Mais il faut souligner également que plus il y a eu de listes avec des candidats « issus de … » en têtes de liste ou en position éligible et plus il y a eu d’élus « issus de .. ». Autre constat : Dans les petites et moyennes communes du Dpt la Droite reste dominante.

Listes « Divers gauche », « divers droite »

A signaler également que sur les listes qui ont présenté des candidats « issus de … » en position éligible et surtout en tête de listes ont remarque la répartition suivante : 18 candidats « issus de … » têtes de listes sur 30 présentés par la gauche, 14 sur 14 pour la droite et 3 pour LREM.

Autre remarque : Se sont surtout les 844 listes classées « divers gauche » (sur 1848 soit 46%) ou les 755 listes « divers droite » (sur 928 soit 82%) qui rassemblent le plus de candidats « issus de … ». Cela s’apparente à une attitude de défiance et de distanciation à l’égard  les partis traditionnels (LR ou PS) qui ont monopolisé le pouvoir ces dernières décennies. Une défiance qui prend une ampleur encore plus marquée dès lors que l’on se situe au niveau local.

Listes « communautaires » ?

Faut-il alors parler de « listes communautaires » comme ont voulu le faire croire certains ? Rien n’est moins sur en tout cas au regard de la composition de ces listes. Il est vrai qu’au vu de certaines listes dans certaines communes on constate bien une forte présence de candidats « issus de … » mais est-ce suffisant pour affirmer qu’il y a une volonté et une tentation de « communautarisme ». Et parler de communautarisme voire même de « sécession » c’est courir un peu vite en besogne. Car alors il faudrait considérer la plupart des listes d'extrême-droite nationalistes, souvent monocolores, comme des listes communautaires ! Nous avons là plutôt à faire à un fantasme des droites qui, à chaque échéance, ressortent leurs artilleries lourdes et remettent cette question dans le débat politique !

N’est-ce pas davantage et plus sérieusement l’émergence et la prise en compte d’une réalité sociologique dans certaines communes et dans les quartiers populaires où la population « issues de … » est plus nombreuse et plus présente et qui tentent d’investir le champ politique pour se faire entendre ? Et les formations politiques qui s’y sont investis n’ont fait que prendre acte de cette réalité, un point c’est tout !

En tout état de cause, toutes les tentatives de créer des listes « communautaires » si elles ont existé ont visiblement fait long feu car rien n’indique à ce jour qu’elles ont réussi à rassembler autour d’elles les dites « communautés » car les citoyen(ne)s « issus de … » qui participent aux élections sont plus conscients des enjeux politiques que ne le croient certains. Et, qui plus est, c’est oublier une réalité, quant à elle bien tangible : Malgré ce constat d’une plus grande participation aux élections le taux des abstentionnistes et/ou de non-inscrits parmi les français « issus de … » et des quartiers populaires demeure relativement élevé.

Nul n’ignore que dans de nombreuses communes du 9-3 comme dans d’autres départements les populations de nationalités étrangères (qui n’ont donc pas le droit de vote) qui y vivent souvent depuis des décennies sont importantes. Et lors des élections locales la composition des listes et donc des élu(e)s ne reflète pas la composition réelle des habitants de la commune avec pour conséquences que leurs préoccupations ne sont pas ou peu prises en compte dans les programmes électoraux. C’est d’ailleurs l’un des points de l’argumentaire des associations qui militent depuis des décennies pour l’élargissement du droit de vote local aux étrangers. D’autant que depuis 2001, et nul ne peut l’ignorer, les citoyen(ne)s de l’UE qui vivent en France peuvent voter aux municipales accentuant par là une discrimination supplémentaire vis-à-vis des habitant(e)s hors UE et l’inégalité de traitement entre les citoyen(ne)s d’une même commune. Voilà pourquoi le droit de vote des étrangers aux municipales apparaît de façon évidente comme une exigence de justice.

Enfin pour terminer ce constat observé dans le 9-3 – et sans doute dans d’autres départements de la région parisienne – d’une forte progression dans la participation peut-il être vérifiable au plan national et en tout cas dans les villes et régions à conditions identiques ?

Paris le 20 juillet 2020

Mohsen Dridi

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