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21 Jul

Ferryville : Comment l’ex rue Victor Hugo (Taïeb M’Hiri) a traversé tout le 20è siècle

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #Mémoire, mémoires, #ballades ...

Ferryville : Comment l’ex rue Victor Hugo (Taïeb M’Hiri) a traversé tout le 20è siècle

 

Tout commença avec la photo d’une carte postale. Datant du 19 mars 1908, le cachet de la poste faisant foi cette carte nous montre une rue bordée de constructions avec pour légende « Ferryville : une des principales rues ». 

 

« Une des principales rues ? ». Chacun sait que la ville a été bâtie autour de quelques axes importants avec des itinéraires le plus souvent liés à la construction de l’arsenal et ses annexes (casernes, hôpital, logements de fonction, église, gare et tramways pour le transport de marchandises et des ouvriers …). Le tout premier plan avait alors été conçu par Joseph Décoret (1862-1899) le fondateur de la ville quelques années avant sa mort. Ce plan fut mis en œuvre par la Société immobilière nord-africaine qui racheta les terrains aux héritiers de J. Décoret.

 

Evidemment si le cachet de la poste montre la date de 1908, les constructions, elles, sont antérieures. Cela m’a évidemment intrigué et, comme d’habitude, surtout chatouillé ma curiosité. J’ai donc voulu en savoir plus surtout que la carte parlait de  « l’une des principales rues ». D’autant que la photo m’était familière et me rappelait quelque chose. Et davantage encore  le bâtiment au premier plan à gauche avec l’enseigne « Entreprise de maçonnerie » m’était familier. (Vous vous doutez bien que je parle du bâtiment et évidemment pas l’enseigne de l’entreprise qui elle date de 1908).  Bref, je voulu en avoir le cœur net.

 

Intéressante la carte postale de cette rue : à côté de l’entreprise de cimenterie, il y avait un serrurier, puis, comme cela va de soi à Ferryville, un « Grand café de …….. » (l’Usine ?, … Je vous laisse le soin de le déchiffrer).

 

Il me fallait au départ commencer par situer cette rue. J’ai dans un premier temps cherché à identifier les constructions au fond de la rue et du même coup l’orientation de la prise de vue. Et là pas de doute on distinguait bien les bâtiments des ateliers de l’arsenal. Donc, en toute logique, la rue ne pouvait être que parallèle à l’avenue et à l’est en direction de l’arsenal. Voilà un premier indice qui va me faciliter la  chose car il n’y a que quelques rues dans ce cas : L’ex rue Gambetta (actuelle rue M’Hamed Ali, l’ex rue Jules Verne (actuelle rue Imam Sahnoun), l’ex rue Mirabeau (actuelle rue Commandant Béjaoui) et l’ex rue Victor Hugo (actuelle rue Taïeb M’hiri).

 

Aller voir la rue telle qu’elle est aujourd’hui voilà la première tâche que je me suis assigné dès mon prochain retour à Menzel. Et je dois dire que mon intuition première trouva confirmation quand je me suis trouvé à l’endroit où avait été prise la photo de la carte postale de l’époque. Certes d’importantes transformations avaient été réalisées dans toute la rue mais pas de doute possible, c’était bien « ma » rue comme le montre la photo que j’ai prise. Et parmi ces transformations il y a que l’ancienne entreprise de maçonnerie est devenue aujourd’hui le café Hédi Abdallah (situé à l’angle de la rue des arabes et de l’ex rue V. Hugo) où les clients s’adonnent à leur principal loisir, comme dans tous les cafés de Menzel et de Tunisie, les jeux de cartes. 

 

Mais étrangement le bâtiment n’a presque pas changé. Il a ainsi bravé les aléas du temps. Il ne manque que le lampadaire, les décorations aux rebords du toit en tuiles et évidement l’enseigne de l’époque « entreprise de maçonnerie ». 
En fait comme cela a souvent été le cas dans le vieux Ferryville il n’y a eu que très peu de bâtiments anciens totalement rasés pour en reconstruire de nouveaux. Le plus souvent on modifie quelque peu les rez-de-chaussée sans vraiment toucher à la structure, on élève et on construit des étages sur les anciens bâtiments … etc

 


C’est la raison pour laquelle la ville est restée presque la même et toujours reconnaissable pour ceux qui y sont attachés malgré les constructions plus ou moins anarchiques au détriment du patrimoine architectural de la ville. Le résultat c'est souvent une succession de constructions hybrides.

 

Voilà comment une des rues de Menzel Bourguiba a malgré tout traversé tout le 20è siècle et comment encore aujourd’hui elle continue son bonhomme de chemin. 

 

Et dire que tout avait commencé avec une simple carte postale datant de plus d’un siècle.

 

Le 21 juillet 2019
Mohsen Dridi

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Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants