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01 Aug

« Humeurs » Juillet 2017

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #"Humeurs"

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« Humeurs » Juillet 2017 - 2

 

D’une rive … 

«Hot spots» 

 Revoilà cette idée d’externalisation - chère à tous les gouvernants qui se sont succédés – qui consiste pour les États de l'Union européenne à purement et simplement transférer la responsabilité des contrôles des migrations vers des pays tiers. Il reviendra donc, selon cette option, aux pays dit de transit de prendre en charge la gestion des flux migratoires et d’organiser le tri entre les réfugiés et tous les autres en particuliers les migrants dits « économiques ». Mais cette fois la France propose d’aller plus loin et d’élargir à des pays d’Afrique – la Libye en l’occurrence – l’idée d’hot spots à l’origine prévue pour certains États membres de l’UE - ceux situés aux frontières extérieures (tels l’Italie et la Grèce) - et « considérés comme les plus exposés aux pressions migratoires ». Cette nouvelle politique envisagée par la France intervient dans un contexte où l’UE et ses États-membres font tout pour empêcher les migrants, surtout ceux traversant la Méditerranée, d’arriver sur le territoire européen. Et de quelle manière car « depuis plusieurs mois, les ONG intervenant en mer Méditerranée font l’objet d’attaques récurrentes de la part de la justice italienne, d’hommes politiques, de l’agence Frontex ou encore de l’extrême droite européenne au prétexte notamment, d’une présumée collusion avec les passeurs ». En effet il faut savoir que « l’extrême droite européenne s’est lancée dans une consternante opération de collecte de fonds dont le but affiché est de financer des interventions en mer pour « défendre l’Europe » et empêcher les bateaux des ONG de répondre aux obligations internationales de sauvetage en mer ». Qui plus est la « nouvelle » politique d’immigration et la manière dont elle est envisagée par l’actuelle majorité est à rebours de la concertation tant vantée par le nouveau président et bien évidemment de l’appel lancé par plusieurs centaines d’associations « pour un changement radical de politique migratoire en France » lesquelles ont finalement annoncé leur intention d’organiser d’ici la fin 2017 une Conférence nationale citoyenne « mobilisant associations nationales et locales, collectifs de migrant-e-s et citoyen-ne-s (…) pour faire émerger une proposition de politique d’accueil conforme à nos valeurs de solidarité et d’humanité ». D’autant que la crainte des associations, concernant les atteintes aux libertés suite aux effets de l’état d’urgence d’une part et la criminalisation de la solidarité avec les migrants de l’autre, demeure une réalité palpable.

 

… à l’autre 

227 bis

 Il est ainsi que certaines dates, en raison de leur dimension symbolique, sont à marquer d’une pierre blanche. Et le 27 juillet 2017 l’est assurément pour la Tunisie et les tunisien(ne)s. L’adoption, par les députés présents à l’ARP, de la nouvelle loi relative à la lutte contre la violence faite aux femmes est une avancée incontestable. En particulier concernant l’infâme article 227 bis du code pénal qui constituait une double peine contre les victimes ou encore l’Art. 19 relatif à l’emploi des enfants comme aides ménagères. Toutefois l’absence de prés du ¼ des députés lors du vote à l’ARP et les débats, souvent houleux, montrent qu’il y a encore de fortes résistances tant dans l’hémicycle que dans la société et que le conservatisme et le patriarcat demeurent prégnant. Mais l’essentiel aujourd’hui est que la loi a été, enfin, modifiée et adoptée et vient ainsi clôturer un combat de plusieurs années mené par les démocrates et les progressistes et surtout par les associations de femmes. La société civile a été, comme c’est souvent le cas concernant les questions sociétales, à la pointe de ce combat. Mais une loi, aussi progressiste soit-elle, s’apprécie et se mesure d’abord dans et par son application. Il revient maintenant à l’Etat et aux institutions (judiciaires notamment) de traduire dans les textes, les faits et dans la pratique cette avancée. Il restera à la société (l’école, la famille, les médias …), à plus ou moins moyen terme, d’en faire entrer l’esprit dans la réalité de la vie au quotidien. Car il ne s’agit ni plus ni moins que du principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et, en la matière, il y a de nombreux chantiers en attente.

M.D.

31 juillet 2017

 

 

« Humeurs » juillet 2017 - 1

D’une rive …

Dissuasion migratoire ?  

 « Nous, membres d’associations nationales, collectifs de migrants ou citoyens réunis dans des initiatives locales de solidarité avec eux, composons une grande partie de la « société civile » organisée, qui tous les jours sillonne le terrain pour pallier les manquements, l’aveuglement et l’inhumanité des politiques publiques » voilà le constat et l’appel que lançaient il y a quelques temps au président de la République plus de deux cents associations et qui demandaient purement et simplement « un changement radical de politique migratoire en France ». Or la seule réponse du gouvernement annoncée en juillet dans le « plan migrants » et qui sera suivi d’un projet de loi ne fait que reconduire les traditionnelles recettes mis en œuvre par les précédents gouvernements depuis des décennies lesquelles ont montré leur inadéquation non seulement avec la situation et les urgences à mettre en place pour les milliers de réfugiés et migrants déjà en France mais également avec les bouleversements et le contexte du monde. La seule réponse du gouvernement au nom de la fameuse mais oh combien classique « maîtrise des flux migratoires » n’est finalement qu’une « politique de continuité, sans perspective à long terme, ni réel projet pour construire une politique migratoire respectueuses des droits des personnes » (cf. la Cimade) oubliant que c’est en grande partie « l’instabilité du monde qui est à la base des mouvements migratoires » (cf. LDH). Et à cette peur d’un prétendu « appel d’air » voilà qu’on nous annonce, dans un langage quasi guerrier, la … dissuasion migratoire. Et dire que les associations attendaient du nouveau président une autre politique plus juste et généreuse et qui s’éloigne clairement de cette pratique qui consiste à criminaliser la solidarité avec les migrants. Or rien de tout cela. Restent donc les mobilisations de la société civile et des citoyen(ne)s, au quotidien, pour faire face aux conséquences prévisibles de cette politique.  

M.D.

15 juillet 2017

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Garder vive la mémoire d'une ville (Menzel Bourguiba ex-Ferryville) et de ses habitants