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17 Aug

"Humeurs" : Août 2017 - 1

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #"Humeurs", #Chroniques sociales et politiques

Résultat de recherche d'images pour "photo août" D’une rive …

Accueil  

 Accueil digne et traitement rapide des demandes d’asile, tel est le souhait et les exigences des associations d’un bout à l’autre du territoire, de Calais à la Vallée de la Roya. Et ce n’est certainement pas en criminalisant la solidarité ou en condamnant ceux qui aident les réfugiés que l’on résoudra le problème. « A Calais et dans toute la France, il faut mettre en place des systèmes d’accueil qui garantissent les droits des exilé-e-s » ne cessent de répéter les associations qui plus est s’appuient sur l’ordonnance du tribunal Administratif du 26 juin dernier qui avait enjoint au préfet et à la commune de Calais « de mettre en œuvre différentes mesures de secours et d’orientation pour les exilé-e-s majeur-e-s et mineur-e-s ». Et le rejet par le Conseil d’État des appels contre l’ordonnance du TA  présentés aussi bien par le ministre de l’Intérieur que par la commune de Calais vient à point nommé pour rappeler, si nécessaire, que le vrai problème demeure l’impréparation - voire à l’inertie et au manque de volonté politique - des autorités face à l’augmentation du nombre de personnes. Augmentation inévitable et prévisible en raison à la fois de l’arrivée de nouveaux réfugiés mais également des délais excessivement longs des procédures et du traitement des dossiers. Et même si l’OIM constate une diminution du nombre de réfugiés traversant la méditerranée en août 2017 (115 109) par rapport à la même période de 2016 (261 229) le phénomène migratoire, en raison de la misère, des dictatures, des guerres, des problèmes climatiques … n’est pas prêt de s’arrêter. « Et face à cette crise de l’asile et à cette crise de l’accueil, les associations signataires demandent donc la mise en place, partout en France, d’un « premier accueil » digne et « que chaque demandeur-euse d’asile, partout en France, puisse bénéficier d’un traitement aussi rapide du dépôt de sa demande. Le droit d’asile ne doit plus subir d’entrave sur notre territoire ».

 

 

… à l’autre

C-Star

 L’extrême-droite et les mouvements identitaires européens viennent de franchir un pas supplémentaire et se sont embarqués (au sens propre comme au figuré) dans une dérive dangereuse. On voulant prendre le contre-pied des ONG qui se mobilisent pour porter secours aux migrants et réfugiés qui traversent la méditerranée au péril de leur vie, la croisade menée par les activistes du mouvement « Defend Europe » et du bateau C-STAR s’imaginent sans doute en missionnaires et aux avant-postes de leur prétendue bataille contre « l’invasion » et le « raz-de-marée de l’immigration massive ». Pour information « au premier semestre 2017, les ONG ont assumé à elles-seules 35% des opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée centrale. Mais les ONG ont raison de rappeler que « la responsabilité de mener des opérations de recherche et de sauvetage en mer incombe aux Etats. Les activités de sauvetage des acteurs non-gouvernementaux, tels que MSF, représentent une réponse temporaire pour pallier le « vide de responsabilité » laissé par les Etats ». L’expédition du C-Star a, cette fois-ci, fait long feu et le bateau n’a pu accoster dans les ports en Crète ou encore de ports de Zarzis, Gabès et Sfax en Tunisie grâce à la mobilisation des syndicats des dockers, des pêcheurs et de la société civile. Mais ces expéditions racistes n’en participent pas moins - certes de manière caricaturale mais néanmoins porteuses de dérives dangereuses - aux multiples pressions des gouvernements européens pour entraver l’action humanitaire des ONG, et qui souhaitent avant tout externaliser et sous-traiter les contrôles et le tri des réfugiés par certains pays africains comme cela a été fait avec la Turquie.

 

Egalité

 Les propositions annoncées par BCE sont incontestablement une avancée et un pas de plus vers l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et viendraient de ce fait compléter les acquis progressistes du CSP (code du statut personnel) promulgué en 1956 et entré en vigueur l’année suivante. Mais à la différence de 1956 où c’était le pouvoir qui décidait tout, par le haut, aujourd’hui et surtout depuis la révolution, la démarche est inversée et c’est la société civile qui se mobilise, impulse et porte les aspirations populaires vers le pouvoir d’Etat. Ces propositions concernent d’une part l’égalité face à l’héritage et de l’autre la circulaire de novembre 1973 (qui interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman). La justesse de ces propositions se fonde d’abord et avant tout sur le principe constitutionnel d’égalité entre les citoyen(ne)s (Art. 21 : « Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination »). Mais elles sont surtout le résultat de la longue lutte des femmes et des débats et réflexions portés par les associations en Tunisie. De même pour la question de la circulaire de novembre 1973 qui est à mettre à l’actif de l’engagement militant et tenace de la société civile et des associations démocratiques de l’immigration pour la raison simple que de nombreuses tunisiennes à l’étranger sont concernées par ces interdictions. Reste à savoir maintenant si les députés de l’ARP auront la volonté – comme cela a été le cas le 27 juillet pour le vote de la loi relative à la lutte contre la violence faite aux femmes - de traduire dans les textes la dimension progressiste de ces propositions et sauront résister au conservatisme pesant dans certains secteurs de la société et même de la sphère politique. D’autant que certains ont d’ors et déjà commencé à fourbir leurs armes et donner de la voix. Il faut espérer aussi que les progressistes sauront faire front et faire preuve d’initiatives.

 

M.D.

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danes 17/08/2017 15:50

de tout mon coeur je souhaites que les députés aurons le cran et la volonté d 'allez de l'avant et de voter à la majorité cette loi tant attendue par ces femmes, l'avenir proche nous le dira inchallah une française résident en Tunisie et qui espère vivre assez longtemps pour le voir

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