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17 Dec

Humeurs : Décembre 2016 (I)

Publié par menzelbourguiba-ex-ferryville.over-blog.fr  - Catégories :  #"Humeurs", #Chroniques sociales et politiques

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Tunisie - Corruption

1937 dossiers d'affaires de corruption, depuis le début de l'année 2016. Parmi eux, 832 dossiers ont été remis aux enquêteurs et 106 dossiers à la Justice. Selon la même source, entre 2011 et 2015, 10.048 dossiers ont été enregistrés au bureau d’ordre, dont 8.667 ont été étudiés. Voilà ce qui ressort du dernier rapport publié par l'Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) présidé par Chawky Tabib. Le 9 décembre 2016 s’est, enfin, tenu le congrès national de la lutte contre la corruption et à l’issu duquel a été signé la « Charte de la Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance et de Lutte Contre la Corruption en Tunisie ». C’est un pas important car la corruption commençait à gangréner de manière inquiétante le pays. Et, il faut le dire, c’est une fois de plus, grâce à l’action et la pression de la société civile que des pas important ont pu être réalisés. Il faut maintenant espérer que l’Etat tunisien mettra les moyens (surtout financiers) indispensables pour que l’INLUCC mène son travail. Car selon le président de l’instance l’aide accordé par l’Etat tunisien ne viendrait qu’en … 3ème ou 4ème position derrière la Corée du Sud, l’Allemagne et le PNUD. En tout état de cause et comme ne cesse de le rappeler Chawky Tabib chaque dinar utilisé dans la lutte contre la corruption et/ou l’évasion fiscale est un investissement qui fera rentrer des milliards dans les caisses de l’Etat. Il faut espérer également que ce congrès et cette Charte contre la corruption ne soient pas de simples paravents et effets d’annonce pour accompagner la Conférence Internationale d’appui au développement économique, social et durable de la Tunisie de novembre dernier ou encore pour faire avaliser par les députés la loi de finance 2017. La (lutte contre) corruption est un sujet trop important pour l’instrumentaliser.

***

 

Code pénal

 

L’art. 227 bis du Code pénal tunisien qui s’avère être une loi plus favorable aux violeurs (puisque « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ou les effets de la condamnation ») et qui plus est une double peine pour les victimes mineures alors même qu’elles devraient être protégées. Et dire que cette injustice du mariage avec des mineures se retrouve même dans l’Art. 8 du Code de statut personnel ; et outre la question de la banalisation du viol et de la pratique du mariage forcé cela pose aussi et surtout la question de la protection des enfants dans le pays. l’Art. 52 du code pénal qui criminalise la consommation de cannabis et n’a eu, jusque là, pour conséquence que de remplir les prisons tunisiennes ; l’Art. 230 du code pénal - et les procédures dégradantes qui en découlent - qui criminalisent les rapports entre des personnes de même sexe et qui n’ont pour effet que de porter atteinte à la dignité des personnes … nous révèlent une fois de plus l'état de notre société autant que de notre arsenal juridique. Des lois obsolètes et rétrogrades non seulement en contradiction flagrante avec la constitution et attentatoires aux libertés individuelles mais encore de lois qui datent soit de l’époque coloniale soit du temps de la dictature. Or il y a eu une révolution en Tunisie ! Mais en attendant que nos mœurs, mentalités et pratiques évoluent et changent - ce qui va assurément demander du temps - il est possible, dès à présent, de modifier les lois qui perpétuent (et reproduisent) de telles situations. Et l’argument selon lequel « l’opinion n’est pas encore prête » n’est plus recevable six ans après la révolution comme le rappelle le FTDES. L’était-elle en 1846 quand la Tunisie décida d’abolir l’esclavage ou en 1956 lorsqu’elle promulgua le Code du statut personnel ? Il faut juste de la volonté politique, de la lucidité et un peu de courage de la part de nos … élites.

 

Mohsen Dridi

 

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